En cure de désintox…

24 septembre, 2008

Je m’y attendais mais quand même, ça fait bizarre…

L’oral du concours est enfin terminé, la pression est descendue… Certes il reste l’attente des résultats mais bon, pour le moment c’est encore gérable. Je pensais pouvoir enfin me la couler douce, respirer tranquillement, oublier toutes ces informations ingurgitées de force pendant une année.

J’avais passé un pacte avec moi-même : le lendemain même de cette dernière étape, exit les fiches de révision, à la poubelle les bouquins de la Documentation française*, haro sur les Gazette, BBF ou tout autre canard ayant rapport de près ou de loin avec le monde des bibliothèques, de l’édition ou des collectivités territoriales. Et même que j’allais arrêter de regarder les derniers billets sortis sur la bibliosphère…

Oui mais voilà, force est de reconnaître que je tourne en rond… un peu comme un petit poisson rouge dans son petit bocal quand son petit coffre-fort a arrêté de faire des petites bu-bulles et qu’il doit se contenter de jouer avec sa petite algue en plastique… Oui je sais, c’est une image bien émouvante et on devrait parler plus souvent du sort de ces petits poissons, seuls, face aux dangers de la vie… et je vous invite d’ailleurs à lire cet article sur les poissons rouges et les mixeurs.

Enfin bref, tout ça pour dire que mon sevrage (car c’est bien un sevrage) est très difficile. Ce matin, je n’ai pas pu m’empêcher de lire le Bouillon de bibliobsession. Et puis le pire de tout… ce soir, alors que je regardais Miss Fran Fine, j’ai zappé sur Arte pour le journal de la culture… Oh j’ai tellement honte !!!

Promis demain, je fais une cure de Real TV américaine. Et s’il le faut, je regarderai Jean-Luc Delarue… Oui je sais, c’est dur mais il faut que je m’en sorte…

* note aux collègues : je plaisante, hein. Les livres je les ramène à la bib et je les range… Enfin, en même temps vous connaissez mon sens du rangement ;)

Mon bô jury !

22 septembre, 2008

Oui, ce soir je peux le dire : je suis une survivor. Telle une Beyoncé des Destiny’s Child (ouais bah après le concours, j’ai le droit de revoir mes références culturelles à la baisse !), je lève le point bien haut, je regarde vers l’horizon et les yeux pleins de larmes, je dis “oui je m’en suis sortie !”…

Petit topo d’un oral de concours pour les néophytes,  les prétendants à l’oral de mardi et mercredi  ou les curieux :

 - 15h30 : je me pointe dans la salle d’attente pour attendre (oui forcément) qu’on appelle mon petit nom. Je sais que c’est encore une ruse du CNFPT pour faire craquer les candidats. La salle doit être surchauffée, bondée et on va m’appeler dans une heure quand j’aurai commencé à ronger mes phalanges… Ah bah non, il n’y qu’une dizaine de candidats. Certes, ils ont dans les yeux quelque chose qui les rapprochent de ces boeufs qu’on mène à l’abattoir mais ils n’on pas l’air de souffrir de la faim ou de la soif… Je me méfie quand même.

 - 15h33 : un petit papy m’appelle. OK, il doit être un complice de cette grande machinerie qui va tenter de me déstabiliser… Raté, le charmant vieux monsieur se dispute le privilège avec un de ses collègues de m’escorter. Il m’explique tout, avec une voix douce, me rassure, me souhaite bon courage et me dit de rester cool, qu’il n’y a rien de grave dans tout ça…

 - 15h35 : rencontre avec le jury pour tirer mon sujet au sort. 3 personnages : une femme et deux hommes. L’un ressemble à un médecin légiste de NCIS, l’autre à un professeur à la retraite et la dernière… une femme aigrie à l’évidence par les années et qui va se venger sur moi, pauvre jeune trentenaire… (Oui on a le droit de dire “jeune” et “trentenaire” en même temps !)

-15h38 : découverte du texte… Alors là vraiment, c’est la panique. Un texte sur l’Histoire, enfin la supériorité de l’Histoire sur les romans… Nom de nom, comment je vais m’en sortir avec un truc pareil ! Panique complète, petite voix qui me dit “bon sang un an de boulot pour rien du tout”, et ma petite enfance qui défile sous mes yeux…

 - 15h58 : je me lance… je vais me faire massacrer parce que ce texte est nul et que j’ai rien à dire dessus… Après 5 minutes de commentaire, je regarde mes bourreaux avec un sourire qui crie “pitié, pitié, pitié !!!”. Et là, voilà qu’arrive ce que jamais je n’aurai pu imaginer : un échange ! Oui les membres du jury sont des êtres humains ! Ah ouais je sais, c’est complètement dingue !!! Ils me posent des questions intéressantes auxquelles j’ai sincèrement envie de répondre. Quand je sèche, ils m’aiguillonnent gentiment. Ils me sourient même… Un truc de folie !!!

Donc voilà, une scène de torture aurait été plus marrante à vous raconter mais comme j’essaye de ne pas trop vous mentir… Après savoir si cet oral était une réussite du point de vue de la note, je n’irai pas jusque là. Mais j’ai PRESQUE réussi à passer un bon moment et c’est déjà pas si mal !

Minute sérieuse : un grand merci à tous pour m’avoir soutenue-supportée pendant cette période pas facile ;)

Bon, ça y est, c’est le grand moment tant attendu depuis un an : lundi, j’affronte l’oral du concours d’assistant qualifié de conservation du patrimoine et des bibliothèques…

Je récapitule les conseils donnés pendant ma formation :

1/ “bien dormir”… oui bien sûr, je dors super bien en ce moment en pensant à toutes les questions retordes et perverses que le jury va me poser !

2/ “manger équilibré, léger et sain genre protéines-germes de blé-céréales-laitage”… OK donc le mac do que je me suis enfilée ce midi pourrait être la cause de mon naufrage.

3/ “ne pas boire du café après 17h, ne pas trop fumer, avoir un rythme de vie sain”… Bon là j’ai… zéro sur trois mais tout va bien…

4/ “privilégiez l’homéopathie”. J’ai bien passé ma commande chez le pharmacien du Argetum nitricum, du Gelsenium, de l’Epinette noire, de la Menthe poivrée, du Pin sylvestre. J’ai avalé tous les tubes de Sédatif PC, j’ai grignoté toutes les gellules de Phytobidulle : aucun effet. Donc je pense me rabattre sur un bon petit ballon de rouge juste avant l’épreuve, histoire de retrouver le peu de courage qui reste en moi.

5/ “entrainez-vous devant un miroir pour faire des exercices de respiration en imaginant que vous êtes devant le jury”. Ok, je suis devant ma glace, assise sur une chaise, les pieds bien dans le sol, le dos bien droit. J’inspire et je gonfle mon ventre, j’expire et je dégonfle mon ventre…

Question : le jury ne va-t-il pas penser que je suis une grosse tarée qui est en train de faire une crise d’hystérie, appeler la sécurité qui me sortira de force pendant que je hurlerai que je suis hyper motivée pour être assistante qual. parce que vraiment-vraiment-vraiment c’est un bô métier !

Mon bô concours !

8 septembre, 2008

“- De toute façon, c’est débile ce concours !

- Ouais, grave…

- Je veux dire, ça n’a rien à voir avec nos compétences professionnelles ! Nos vraies compétences, celles acquises sur le terrain, au contact du public et de la dure réalité !!!

- Ah ouais, c’est complètement vrai ce que tu dis !

- En plus c’est ridicule, vu le nombre d’inscrits pour le nombre de postes… Je veux dire que ce sont seulement les bêtes à concours qui vont l’avoir, les mecs qui font que ça, toute l’année et qui en ont rien à foutre de notre métier !!!

- Pire même !

- Nan mais de toute façon, ce système est complètement dépassé… Je vais te dire, si on a pas réussi l’écrit, c’est juste que nos esprits ne sont pas assez conformistes ! et ça, c’est pas si mal !!!

- Ah ouais, j’adhère total !

- Bon à trois, on regarde les résultats sur le site du CNFPT… UN… DEUX… TROIS…

- …

- …

- …

- Oh putain, je l’ai ! Oh putain, tu l’as !!! OUAHOUUUUU !!! C’est merveilleux ! c’est de la bombe de balle ! J’y crois pas comment c’est bon !!! Oh nom de nom, j’écrase une larme, tiens… C’est intense ce qu’on vit là, faut profiter !!!

- …

- …

- …

- Ouais enfin pour l’oral, c’est mort, hein. Parce que j’ai entendu dire qu’ils te posaient des questions juste pour te faire sortir de tes gonds et voir comment tu réagis au stress. C’est complètement foireux, laisse tomber… On a aucune chance…

- Ah ouais c’est clair… Tu révises quand même ?

- à mort…”

Y a des jours…

6 septembre, 2008

“Y a des jours comme ça où tout ne va pas pour le mieux,
Y a des jours où tout part en couille, tout coule…”
(NTM La fièvre)

Y a des jours comme ça…

Y a des jours où ça démarre mal, dès la pause café de 10h parce qu’il y a plus de café. Et perso, sans ma dose minimale de caféine dans le sang, je me transforme en une version féminine de Vin Diesel : je ne parle plus, je grogne !

Y a des jours où vous réalisez  que le rangement matinal des livres s’annonce mal : une bande de nains maléfiques s’est amusée à les sortir de leurs confortables étagères pour en faire des piles dignes de la tour de Babel un peu partout par terre…

Y a des jours où les enfants que vous recevez pour une heure de lecture sont si insupportables que vous pestez intérieurement sur l’inexistence du contrôle de natalité dans ce pays !

Y a des jours où vous vous demandez pourquoi votre collègue amatrice d’ail a choisi de squatter à côté de vous, alors que de toute évidence elle vient de faire un marathon ou de l’équitation, qu’elle n’a pas pris de douche et qu’en plus, elle a dû s’asperger avec un truc genre bombe de toilettes senteur des îles… 

Y a des jours où le manque de considération pour votre travail de la part de vos supérieurs hiérarchiques vous donne envie de louer un Hummer customisé façon Mad Max et d’aller rouler avec application sur leurs petites voitures de fonction…

Y a des jours où vous ressentez vraiment que vous seriez une parfaite caissière à Carouf : “bonjour Madame, ça vous fera donc 5 livres pour trois semaines, vous voulez un ticket ?, je vous remercie, à très bientôt Madame”.

Y a des jours où apparaît derrière votre banque de prêt, une petite fille toute rougissante qui vous dit d’une voix fluette “j’ai beaucoup aimé le livre de Yak Rivais que vous nous avez lu ce matin… Je voudrai savoir si vous auriez un autre livre, tout pareil, à me prêter parce que j’ai beaucoup… enfin c’était drôlement rigolo !”.

Alors il y a des jours comme ça où je me dis que finalement, j’aime bien ce boulot…

Parfois, Albertine a de drôles d’idées…

Albertine, c’est notre bibliothécaire en charge du très sérieux et très précieux fonds patrimonial. Dans son antre, elle reçoit des gens très savants (hum hum) et qui lui posent tout plein de questions du genre : “je suis très certainement LE descendant de Louis XVIII par le côté de ma grand-tante Huguette, et à ce titre je voudrai faire des recherches poussées sur son patrimoine immobilier” ou  “je fais des recherches sur l’escargot petit-gris et son adaptation à travers les âges dans notre ville…”. Bref, Albertine est obligée de cacher sa photo dédicacée de Dave dans son tiroir et de remiser ses belles lunettes bleues style Polnareff pour écouter attentivement les élucubrations demandes de ces usagers. En même temps, elle le fait super bien, Albertine. Des fois, j’ai vraiment l’impression que ça l’intéresse !

Tout serait donc parfait si Albertine ne prenait pas de temps en temps des congés et ne refilait pas à la bonne poire qui a eu la malchance de se pointer dans son bureau la délicate tâche de recevoir un de ces… érudits. Bref, cette fois-là, c’est tombé sur ma pomme. Je me sentais en veine et comme à mon habitude je ne fus pas déçue.

La Madame de Machin Chose était spectaculaire.  Elle avait décidé que sa couleur du jour serait le violet : chapeau à plume violet (si ça existe encore), ongles vernis violet, pantalon violet, chaussures mauves (ah oui ! ici une petite note de fantaisie !) et enfin un superbe pull à col roulé violet, moulant à souhait son jadis 110 F transformé par la cruelle loi de la gravité en nouvel appendice ventral… Mais là, oh rage, oh désespoir, que ne vois-je sur cette poitrine qui ma foi aurait pu inspirer les sculpteurs des Vénus du paléolithique ? Que ne vois-je donc ? Une TACHE !!! une méga tache ! Je pense que ce doit être du gras, genre un reste de mayo. La comtesse est tout excusable parce que ses seins, dans son miroir, forcément, elle les voit plus. Et ça fait maintenant plus de 30 secondes que je regarde intensément cette tache…

Nom de Dieu BG, reprends-toi, respire et regarde la dame dans les yeux, regarde la dame dans les yeux ! donne-lui son carton, elle va regarder ses vieux articles et ce sera fini !

Mais non ce n’est pas fini, parce que la duchesse veut partager avec moi ses découvertes ! Et elle me parle, et je regarde sa tache et donc ses seins… C’est horrible !!! En plus je ne comprends pas ce qu’elle me dit. Il y a deux secondes, elle a prononcé “Louis XIV” et là, je crois qu’elle vient de dire “De Gaulle”. Mais qu’est-ce qu’elle me veut, bordel ! Et puis un moment, elle s’arrête, elle attend une réponse semble-t-il. J’arrive à la regarder dans les yeux. Je tente le coup du regard du poisson mort. Rien à faire elle me zieute toujours. Je sors alors le fameux “c’est pas faux” du cultissime Karadoc de Kamelott. Ouf, ma marquise a l’air ravi.

Les yeux brûlés à vie, un dégoût profond pour tout ce qui se rapproche de près ou de loin à une mamelle de vache et un traumatisme qu’aucune prime de technicité ne saurait réparer, je décide de refiler sans le moindre scrupule le bébé à Ginette qui ne semble pas remarquer la TACHE. Cela voudrait-il dire que j’ai un problème d’ordre psychique ? Naannnn ???!!!