Comment rédiger sa demande de nomination…
30 octobre, 2008
Car oui, c’est bien beau d’avoir son concours d’assistant qualifié, encore faut-il trouver un poste avec ce nouveau grade. On ne le répètera jamais assez, dans la fonction publique territoriale, ce n’est pas parce que nous réussissons un concours que nous avons un poste. Nous devons trouver par nous-mêmes à grand renfort de CV, d’entretiens (de copinage, oups !) l’emploi de nos rêves, contrairement à nos cousins éloignés de la fonction publique d’Etat.
Dans mon cas, comme je suis déjà dans une collectivité, j’aimerai pouvoir y rester, mais dans mon nouveau grade. C’est là que ça commence à devenir marrant : mon patron n’est pas du tout obligé de me garder. Il doit créer un poste tout neuf rien que pour ma pomme. Pour cela, je dois faire une lettre officielle pour demander ma nomination… Et ça me saoule ! Donc je vais vous soumettre différentes formules, vous me direz laquelle a le plus de chance de faire aboutir ma demande.
1/ Monsieur le Maire, suite à ma réussite au concours d’assistant qualifié, je vous supplie de me donner un poste, parce que sinon je vais mourir parce que je souffre d’une maladie très rare qui risque de se développer rapidement si je n’ai pas un poste dans ma bibliothèque à moi. D’ailleurs je commence à avoir des plaques purulentes, des abcès suintants et des croutes jaunâtres sur tout le corps. Je souffre tellement, oh Monsieur le Maire ! Nominez-moi, nominez-moi ! Sivouplé Môsieur, sivouplé !
2/ Monsieur le Maire, suite à ma réussite au concours d’assistant qualifié, je souhaiterai obtenir un poste à ce grade dans ma bibliothèque. Pour vous convaincre de ma motivation, j’aimerai m’entretenir avec vous pour que nous puissions ensemble visionner une vidéo concernant un de vos sosies avec une certaine Cindy La Gourmande, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à votre assistante Valérie…
3/ Monsieur le Maire, suite à ma réussite au concours d’assistant qualifié (…). Pour vous montrer à quel point je prends à coeur mes futures responsabilités, je m’engage à vous fournir des témoignages écrits et détaillés sur les moeurs dépravés de mes collègues en vue de leur “reclassement”. D’ailleurs, j’ai déjà récolté quelques preuves matérielles comme les nombreux sous-vêtements masculins sous le bureau d’Albertine (ferait-elle de la vente clandestine ? en tout cas elle a un stock très important et très diversifié) ou les photographies coquines que Mamie D. prises dans les réserves de la bibliothèque…
4/ Monsieur le Maire, suite à ma réussite au concours d’assistant qualifié (…). Non mais en fait, mon pote, tu fais comme tu le sens, hein. Si tu veux bien, c’est cool, si tu veux pas… bah tu veux pas, hein…
5/ Monsieur le Maire, suite à ma réussite au concours d’assistant qualifié (…). En cas de refus de votre part, je tiens à vous signaler que je mettrai publiquement fin à mes jours au sein même de la bibliothèque, aux horaires d’ouverture au public, que je choisirai une mort spectaculaire (écrasée par une étagère, assommée par un démagnétiseur, étranglée par le cordon du jogging de Ginette) qui traumatisera à vie tous mes collègues et tous mes lecteurs….
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Maire l’expression de mes salutations distinguées,
Personnellement, je pense que la formule 2 serait la plus appropriée pour obtenir ma nomination. D’ailleurs, je garde quelques copies en réserve… si ça vous intéresse
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Les vieux sont des personnes comme les autres… Non ?
26 octobre, 2008
Je fais partie des bibliothécaires qui pensent qu’une bibliothèque sans animation est à comparer à un paquet de chips allégées ou à un Fast & Furious sans Vin Diesel. Autrement dit, cela n’a pas beaucoup d’intérêt : si on mange des chips, autant qu’elles soient les plus salées et les plus grasses possibles et si on regarde un Fast & Furious… mais pourquoi regarderait-on un Fast and Furious sans Vin Diesel ? ça n’a pas de sens !!! Voilà ! pour MOI, une bibliothèque sans animation, ça n’a pas de sens.
Ceci étant dit, quand votre budget animation est à peu près égale au budget que George Bush consacre à l’achat de livres (oh elle est facile celle-là), c’est-à-dire proche du zéro euro, vous devez faire preuve de beaucoup d’imagination pour oublier ce luxe si agréable d’avoir de vraies et belles expositions, de recevoir un conteur professionnel qui arrive à capter l’attention de nos chères têtes blondes plus de 10 minutes d’affilée ou même d’inviter un conférencier sympathique qui demande simplement d’être indemnisé pour ses 500 km et son repas au Buffalo Grill. Bon, oublie tout cela BG, la culture coûte chère et elle n’est pas rentable… Va falloir t’y faire un de ces jours !
Mais parfois, j’ai des collègues qui ne se laissent pas démonter et qui proposent des projets qui tiennent la route. Par exemple, il n’y a pas longtemps, une collègue a eu une superbe idée : inviter les personnes âgées de l’association dont elle s’occupe (un truc de vieux qui lisent… ne m’en demandez pas plus) pour qu’ils racontent au moment de Noël de belles histoires à tous nos petits diables en culotte courte.
Oui c’est une bonne idée ! Vraiment… on devra juste payer un petit goûter à faire dans la section jeunesse… Bon OK, là je vous entends déjà :
BG, tu te rends pas compte ! Déjà tu te plains quand tu reçois des classes que certains mioches vomissent dans les bacs à albums ou te toussent dans la figure leurs germes et autres maladies mortelles… mais alors là… Ils vont vomir le jus d’orange Leader Price, ils vont faire sur eux parce qu’ils n’auront pas eu le temps de se rendre aux toilettes occupés qu’ils seront avec les histoires… Et encore, si ça se trouve, ils crieront, ils se chahuteront, ils te parleront mal, ils cracheront par terre… Pauv’ inconsciente, va…
Oh hé, arrêtez les gars ! Les vieux d’aujourd’hui, ils savent se tenir, ils sont propres sur eux et ils tiennent des propos… compréhensibles, hein…
Hein ? Non ??? Ah c’est malin, maintenant j’ai peur !!!
Mon bô grade !
22 octobre, 2008
Depuis lundi, j’ai dû recommencer une bonne dizaine de fois ce billet… ça ne me ressemble pas !
Faut dire que pour une fois, j’ai dû mal à tourner en dérision une très bonne nouvelle pour moi : j’ai réussi le concours d’assistant qualifié de conservation du patrimoine et des bibliothèques… Si, si je vous jure, vérifiez ici ! Oui enfin, vous devrez me croire sur parole, hein, comme d’habitude.
C’est difficile à croire mais rassurez-vous la première surprise, c’est moi. En attendant le résultat qui est tombé lundi 20 octobre à 9h32, j’ai eu tout le temps de réfléchir à la façon dont j’allais vous annoncer que j’avais échoué à ce terrible examen. J’avais déjà le post tout chaud dans ma tête… Mais là… Ben merde, je suis bien ennuyée, je sèche.
Bon rassurez-vous ça ne va pas durer ! Bientôt, l’inspiration reviendra avec mes demandes répétées de nomination à mon employeur à ce nouveau grade, mes relations avec ma hiérarchie qui seront comme à leur habitude aussi diverses qu’enrichissantes (hum hum), mes désillusions concernant cette nomination à ce nouveau grade, et enfin mes recherches d’un poste intéressant, passionnant, ludique mais pas trop prenant (oh hé, j’ai le droit de rêver encore un peu !).
Enfin voilà ! une grosse pensée à tous mes compagnons de galère qui n’ont pas eu la même chance que moi… Je suis mal placée pour vous dire ça mais en tout cas… je pense à vous !
Dans l’attente…
15 octobre, 2008
On y est presque… Lundi, ce sera fini… Cette attente… Lundi 20 octobre, les résultats du concours externe d’assistant qualifié de conservation du patrimoine et des bibliothèques vont tomber.
Bon, soyons honnête, je n’ai pas beaucoup d’espoir.
J’ai bien jaugé mes concurrents au moment de l’épreuve oral. Ils avaient l’air drôlement sérieux, drôlement professionnel, drôlement conscient de l’importance de leur métier pour la société et drôlement motivé de contribuer à la mutation des bibliothèques dans l’ère des nouvelles technologies.
Et même que c’est sûr, leur livre de chevet à eux, c’est Le Métier de Bibliothécaire alors qu’au pied de mon lit traîne un vieux catalogue Ikéa. C’est sûr qu’ils lisent leur Gazette des Communes avec un plaisir égalable à ma lecture d’un Voici de juillet 2006 trouvé dans le cabinet de mon dentiste. C’est sûr que eux, pendant les réunions de service, ils doivent vraiment écouter ce qui se dit et pas gribouiller des petites fleurs ou la liste des corvées à faire avant la fin du mois… C’est sûr, ils croient vraiment à l’utilité et à l’avenir de notre profession alors que moi… parfois…
Non et puis en fait, c’est pas si grave si je l’ai pas ce concours… J’arriverai d’une manière ou d’une autre à évoluer dans mon métier, à prendre de vraies responsabilités autres que celle du stockage des ramettes de papier ou celle de veiller à ce que le démagnétiseur ne tombe pas sur le lecteur quand Ginette l’utilise…
Non puis je suis bien comme adjointe du patrimoine… je suis épanouie dans mon travail auprès du public, des enfants, des livres, toussa toussa… Non c’est sûr, c’est pas si grave si je reste encore adjointe du patrimoine pendant encore… 2 ou 3 ans…
Bouh bouh bouh !!! Mômaaaannnnn
Nous vivons une époque formidable !
12 octobre, 2008
J’ouvre une inhabituelle parenthèse sur la vie trépidante d’une bibliothécaire pour poser juste une seconde un regard “amusé” sur notre société.
En ce moment, c’est la crise, personne n’a pu passer au travers de cette information. C’est terrible, c’est grave, il n’y a rien de drôle là-dedans… Enfin si, tout de même… On ne se rend pas assez compte que nous vivons une époque formidable, riche en évènements, en rebondissements. Aujourd’hui on écoute France Info comme on pourrait regarder les aventures de Frémont dans Plus Belle la Vie.
Non mais sérieusement, avez-vous pensé deux petites secondes à tout ce que nous avons vécu en cette belle année 2008 :
- en début d’année, on voit des émeutes de la faim un peu partout dans le monde… Bon alors oui, il y a une pénurie mais pas trop… Non en fait il y a de la nourriture mais les gens n’ont plus les moyens pour se la payer alors que d’autres arrivent à faire des profits records en spéculant sur cette pénurie… Ouh c’est compliqué…
- ensuite il y a le fameux prix du baril de pétrole qui flambe pour atteindre les 144 $. Tous les spécialistes très-très intelligents prédisent que cette hausse ne fait que commencer, qu’on finira l’année à 300 $ le baril. Moi je commençais déjà à me renseigner sur le prix d’achat et d’entretien d’un Percheron pour faire tous les matins les 38 km qui me séparent de mon travail car dans ma campagne à moi, il n’y a pas de tram, pas de métro, pas de vélib’ (oh c’tte honte !). Heureusement pour moi, la crise financière est passée par là et le baril est maintenant à 77$.
- cet été aussi on a frôlé la troisième guerre mondiale avec la Russie et la Géorgie. C’était terrible, le conflit était aux portes de l’Europe et on sentait que ça démangeait certains de lancer une ou deux bombes histoire de laisser une trace dans l’Histoire. Aujourd’hui, que sont devenus tous ces gens qui fuyaient les Russes ? et ces massacres, qui sont les responsables ? Bon comme je n’en entends plus rien à ce sujet, je suppute que tout c’est bien terminé, que tous les braves gens sont rentrés chez eux dans la joie et la bonne humeur et qu’ils se sont tous donnés une grande accolade… Non ?
- et puis aujourd’hui, on a un super krach boursier. Pire que celui de 29 ! Bon c’est vrai qu’à chaque fois qu’il y a une crise, on la compare à celle de 29… Mais là cette fois-ci, c’est la bonne, on va la vivre pour de vrai cette bonne vieille crise qui va tous nous laisser sur le carreau… D’ailleurs, c’est décidé, je vais m’acheter un coffre fort moi aussi pour planquer les 60 euros de mon compte épargne… Pffff, je me plains, je me plains, mais ça doit pas être facile en ce moment pour les vrais riches qui ont placé toutes leurs économies sur des placements à risque… Les pauvres, j’espère qu’on va pouvoir les sauver.
Bon j’arrête, je suis de très très mauvaise foi, je le reconnais sans peine d’ailleurs… Mais ça fait du bien ! Et pour finir sur une note optimiste et professionnelle, on assiste dans ma bibliothèque à un boum des inscriptions. Les gens préfèrent payer un abonnement à trois euros l’année pour que leurs mioches puissent lire à volonté leur Titeuf ou Monster Allergy. Comme quoi, la crise n’a pas que du mauvais !
Et puis ce qui est chouette aussi, c’est que nous ne sommes qu’au mois d’octobre !!! Imaginez deux secondes tout ce qu’il nous reste à vivre jusqu’au 31 décembre 2008 !!!
Je ferme la parenthèse…
Un titre de Dauphine de Miss Seine-et-Marne… la classe !!!
7 octobre, 2008
Dans mon dernier billet, je me suis légèrement défoulée sur la question des mails, notamment les mails à vocation de “communication interne”. Mais pour être honnête, il y a un truc que j’adore faire, c’est regarder les signatures.
Oui les signatures des mails, parce que là où jadis, nous mettions notre nom et notre prénom, nous ajoutons aujourd’hui notre fonction ! Et alors là, il y en a qui se lâche.
Par exemple, la cheftaine des femmes de ménages devient la Responsable en chef du service pour l’amélioration du cadre vie, le régisseur de la salle des fêtes est le Concepteur artistique de la valorisation et la mise en vie de l’espace scénique et le gardien du cimetière est le Conservateur du patrimoine et des opérations à vocation funéraires.
Alors moi, avec mon simple “Bxxxx Gxxxx, Communication-Jeunesse“, je trouve que c’est trop léger. Je vous propose donc :
Bxxxx Gxxxx
Responsable en tierce du développement et de la pérennisation de la section à tendance enfantine
Professeur en sociologie appliquée spécialisée dans les moeurs des lecteurs socialement déficients
Deuxième dauphine de Miss Seine-et-Marne en 1998
Alors là, ça jette ! Bon c’est un peu exagéré. Je n’ai jamais été la deuxième dauphine de miss Seine-et-Marne, pour mon plus grand regret… Mais je me souviens être arrivée 6 ème sur 10 au concours du meilleur déguisement au carnaval de mon village de 800 âmes en 1987 ! Donc l’un dans l’autre… Non ?
Je ne veux plus communiquer…
4 octobre, 2008
On ne le dira jamais assez mais dans la vie, c’est important de communiquer ! Et ça l’est d’autant plus sur notre lieu de travail. Il faut partager, échanger, mutualiser pour former une équipe épanouie, une équipe sereine, une équipe qui gagne…
Bon, là je répète le discours martelé diffusé par mes chefs. A priori, moi j’ai rien contre cette GRANDE communication interne mais il y a des fois où j’ai juste envie de hurler un énorme “Put…” en découvrant un énième mail “informatif”. Parce que maintenant, le moindre petit événement sans importance est relayé une bonne vingtaine de fois.
Aujourd’hui quand j’ouvre ma boîte mail pro, j’y apprends que Natacha du service compta (c’est qui Natacha ?) vient d’accoucher du petit Maurice 5,8kg et que tous les deux se portent bien et ne sont que bonheur (ça m’étonnerait, on ne peut pas être “que bonheur” quand on vient d’expulser de son corps 5,8kg en une fois…), que le DG réclame un peu plus de civisme sur la consommation de papier alors que sa secrétaire demande de vite passer les commandes de ramettes parce qu’il reste encore pleins de sous dans la caisse, que Cindy de l’urba (mais c’est qui Cindy ?) veut refiler ses deux places de cinéma et qu’on peut seulement la contacter de 10h à 12h sur le poste de sa collègue Armelle parce que le sien est en panne, que la directrice culturelle veut en urgence toutes les prévisions budgétaires, que Dédé de la repro envoie ses dernières vidéos intitulées “les blondes et leurs minous” (pourquoi on ne s’intéresse jamais aux relations des brunes avec leur animal domestique ?) et que la mort dans l’âme, l’Etat civil fait une quête pour la mémoire de Monique disparue prématurément à 96 ans mais qui reste toujours présente dans nos coeurs… Mais enfin, c’était qui Monique ?
Bref, à la limite tout cela je m’en fous un peu parce que pour dire la vérité, je fais comme tout le monde, je ne lis pas mes messages, je les supprime directement.
Ce qui m’embête le plus dans cette grande mascarade de la communication interne, c’est quand on me demande à moi de mieux communiquer sur mon travail. En gros, de faire ch… tout le monde… Donc quand je bosserai par exemple sur ma gestion de planning, il faudra en théorie que j’informe par mail ma responsable (même si son bureau est à côté du mien), copie à la directrice, copie à la coordinatrice, copie au directeur des affaires culturelles, copie au DG, copie à la secrétaire du DG, copie à la directrice des ressources humaines, copie à l’assistante des ressources humaines sans oublier de faire une copie à l’ensemble de mes collègues pour que tous ensemble nous ne parlions que d’une seule voix…
Donc comment vous dire… j’ai juste envie de m’exprimer par un simple FUCK !!! Mais étant d’un naturel docile et conciliant, je ne manquerai pas la prochaine fois qu’il faudra changer le rouleau de PQ dans les toilettes, d’envoyer un mail informatif à ma responsable, copie à la directrice, copie à la coordinatrice, copie au directeur des affaires culturelles, etc.
Non mais !

