Comment faire une belle fermeture
30 novembre, 2008
Avez-vous déjà fréquenté une bibliothèque à l’heure de la fermeture ?
C’est un peu comme au supermarché. La caissière vous regarde avec des yeux bien noirs quand vous arrivez avec votre gros chariot deux minutes avant la fermeture réglementaire, souffle comme un boeuf asmathique quand elle passe les articles et parfois laisse échapper un “c’est ça ouais” quand vous lui souhaitez une bonne soirée.
Et bien le bibliothécaire est tout pareil. Le lecteur qui entre 5 minutes avant la fermeture est un ennemi potentiel qu’il va falloir abattre, autrement dit qu’il va falloir faire sortir tout en étant le plus “service public” possible.
Il est fortement conseillé de maîtriser une ou deux techniques pour parvenir à ses fins :
1/ Cinq minutes avant, vous devez annoncer la fermeture d’une voix claire et courtoise. A éviter absolument le fameux “bon maintenant, vous vous sortez les doigts du cul, vous baissez les yeux quand je vous parle et vous traînez ce qui vous sert de corps à l’extérieur de MA bibliothèque… Et merci de votre visite, hein”.
2/ Le lecteur vous demande un livre, vous répondez qu’il est déjà emprunté. Attention, il ne faut pas aller trop vite, au risque d’être peu crédible :
- Je cherche “Une éducation libertine” de Del Amo
- Sorti.
- Bon ben un Milena Agus alors ???
- Sortis.
- Bon alors un bon vieux Zola comme l’…
- Sorti.
- Mais je ne vous ai pas dit le titre !
- Sortis, ils sont tous sortis et vous devriez les suivre.
3/ Bien sûr, je ne le dirai jamais assez mais le lecteur n’est pas une cible mouvante. On ne peut donc pas lui lancer des livres ou tout autre projectile. On peut le regretter certes mais c’est ainsi !
4/ Il n’est pas non plus acceptable de porter physiquement un lecteur pour le déposer sur le bas de la porte. Bon à la limite on peut le faire avec un enfant de moins de deux ans (on a ainsi toutes les chances que les parents suivent) ou avec une personne âgée (bien mûre, hein) parce que même si elle proteste ou qu’elle se plaint, on s’en fout…
5/ Cette dernière technique ne fonctionne qu’avec des lecteurs… émotionnellement limités. L’individu se présente à vous, vous parle de sa vie et là, vous regardez nerveusement votre montre. Et puis d’une voix ténébreuse à la Daniel Craig dans Quantum of Solace, vous annoncez qu’il ne reste plus que 40 secondes au lecteur pour sortir avant que l’alarme se mette en route et que le rideau se ferme automatiquement. Avec un peu de chance, vous verrez l’usager courir comme un dératé vers la sortie, tomber une ou deux fois, se faire mal, et enfin s’assommer contre la porte avant de s’écrouler sur le trottoir… Bref que du bonheur. Cette méthode donne vraiment de bon résultat, je l’utilise moi-même régulièrement mais il faut dire que j’ai un public de “gagneurs”…
Aaaahhhh qu’est-ce que j’aime les fermetures…
Histoire dégoûtante de nez baladeur
27 novembre, 2008
Hier après-midi, le comble de l’horreur m’est tombé dessus : je me suis fait renifler par un vieux !!! Oui renifler par un vieux !!!
J’étais tranquillement en train de ranger des albums animés sur une étagère et là, un vieux s’approche, me dit que je suis plus belle que Martine Aubry et Ségolène Royal (bah merci mais en même temps, y a pas de mal) et là, il rapproche sa tête de mes cheveux…
Au début je crois qu’il est en train de me faire un malaise et que comme c’est un nain, enfin moins d’1m65 (héhé), sa tête me tombe naturellement sur l’épaule… Mais non, il respire toujours le vieux… Je dirai même plus, il me respire ! Il me renifle les cheveux comme un tamanoir doit aspirer ses fourmis ! Je me recule d’un bond, les yeux bien ronds, et je vois le bonhomme partir avec un grand sourire…
Et moi je reste là comme une c…, un album dans la main.
Erf, je suis dégoûtée ! C’est décidé, je n’irai plus jamais en section jeunesse… Merde, c’est là que je bosse ! Ou alors, je vais me balader dans ma bibliothèque avec un poivrier dans la poche. Si vous êtes concerné par ce problème de nez mal placés, n’hésitez pas à me contacter, nous monterons une association : “Sus aux pervers renifleurs des bibliothèques”.
Comment reconnaître un bon chef ?
25 novembre, 2008
A l’heure où les éléphants d’un parti dont-on-ne-doit-plus-prononcer-le-nom se déchirent pour trouver un chef, cette question me semble essentielle, y compris dans nos petites bibliothèques… Et surtout dans la mienne. Car voyez-vous, cette interrogation fait débat dans mon équipe. Car chez nous, nous nous targuons du droit (totalement illusoire évidemment) de choisir notre chef. Mais (à imaginer que nous ayons ce pouvoir) comment reconnaître un bon chef de service ? Autrement dit, à quoi reconnaît-on un(e) bon(ne) directeur(trice) de bibliothèque ??? Là est ma question….
Evidemment, la définition d’un bon chef peut être relativement facile à trouver : une personne honnête, travailleuse, juste et compétente… Oui mais dans les faits, on attend tout autre chose du chef :
1/ Le ou la chef doit avoir du charme mais moins que les membres de son équipe. Vous savez, un peu comme la bonne copine qui sortait avec nous en boîte le soir quand on était des mécheux ados. Elle était juste assez moche pour vous servir de faire-valoir mais pas trop pour ne pas vous faire refouler à l’entrée…
2/ Le ou la chef doit avoir intégrer des principes fondamentaux du travail de fonctionnaire. Par exemple, demander un travail en urgence à son agent, c’est lui demander d’essayer s’il le peut, entre ses congés-récup-RTT et pauses café une première ébauche pour dans 15 jours mais bon, en même temps qu’il ne s’inquiète pas parce qu’il a encore du temps, c’est juste pour prévenir quoi…
3/ Le ou la chef doit être sympa, présent, à l’écoute mais pas trop ! C’est-à-dire que quand je dois passer un coup de fil perso à ma cousine Eugénie, il serait gentil de comprendre tout seul qu’il doit me laisser tranquille !
4/ Le ou la chef doit fixer des objectifs clairs, motivants et raisonnables. Exemple : “bon les filles cette semaine, on ne mangera qu’une pâtisserie ! Et encore ce sera un flan… Bon si vous êtes sages, on se fera un goûter vendredi mais uniquement avec du chocolat noir, hein ! On fait gaffe, les filles, on se motive !!!”
5/ Pour défendre son équipe et son établissement, le ou la chef devra être capable de se montrer gentil avec les élus et les cadres administratifs de la hiérarchie. Pour cela, il n’hésitera pas à faire don de son corps. De là à dire que le ou la chef devra être un homme ou une femme de petites moeurs, il y a un pas que je franchis avec joie !
6/ Le ou la chef doit avoir des compétences, certes, mais il doit savoir ne pas trop les montrer pour pouvoir s’extasier devant vos oeuvres : “mon Dieu Ginette, qu’est-ce que vous démagnétisez bien !!! Oh dis donc Monique, tu l’as bien frotté l’étagère, elle brille ! ça m’émeut !!!”
7/ Enfin le ou la chef doit être un puits de culture : il doit posséder des photos dédicacées de Dave voire C. Jérome, il doit connaître par coeur la généalogie de Frémont dans Plus Belle la Vie et il doit hurler comme une fillette devant Révélation de Stephenie Meyer !
Voilà POUR MOI le chef idéal ! Si tu as le profil, viens, nous t’attendons
Laissez les enfants être débiles !
23 novembre, 2008
“- MON fils est très intelllllligent ! Il est en CP et il sait déjà parfaitement lire !!!”
Je suppose que le petit génie dont la grosse dame me parle est le gnome qui est en train d’explorer les tréfonds de ses cavités nasales à la recherche d’une substance physiologique de couleur verdâtre…
“- Je cherche donc des livres qui pourraient répondre à son attente de culture ! Car voyez-vous, mon fils est en attente ! Il est totalement incompris par son professeur alors je me dois d’être son guide !”
A mon avis, le nain est plutôt en attente d’une belle claque s’il arrête pas de tirer sur le fil de mon ordinateur en poussant des cris de singe…
“- Nous avons un très bon rayon Première Lecture, si vous voulez, je vous y cond…
- Ah non, vous ne m’avez pas comprise ! MON fils est à un autre stade, MON fils cherche des romans qui pourront le nourrir intellectuellement… MOI je pense Jules Vernes… Je pense Victor Hugo !!!
- Bah c’est-à-dire qu’à six ans, il a peut-être envie de lectures plus… plus abordables ? Qu’est-ce que tu en penses toi ? “,
Dis-je en me penchant gentiment vers le streumon qui en profite pour me tirer dessus avec ses doigts et faire “piou-piou” avec ce qui lui sert de bouche…
“- Tu veux un livre avec des cow-boys ? C’est ça ce que tu veux me dire ?”
Oui parfois il m’arrive d’être un peu niaise quand je parle à certains enfants… Surtout avec ceux qui ne m’inspirent pas ou alors que du dégoût.
” – A veu Naruto ! et pis images Sangoku !!!
- Oh mon Dieu !!! Quand je vous dis qu’il n’est pas comme les autres !!! Il s’intéresse maintenant à la littérature japonaise… C’est merveilleux !!! Mais dans votre petite bibliothèque, vous ne devez pas avoir ces auteurs, n’est-ce pas !!!
- Effectivement, nous ne les avons pas mais je suis certaine que vous les trouverez sans problème à Carrefour… Ils font une sorte de rétrospective de ces auteurs…
- Mon Dieu, qu’il est triste que votre niveau de culture soit si bas, Mademoiselle… Il est malheureux qu’un enfant de 6 ans pointe de son petit doigt les lacunes de votre institution…”
C’est ça Madame la Pouf… Petit plaisir bien dérisoire, imaginer sa tête quand on lui donnera les livres de Messieurs Naruto et Sangoku. Et un peu de peine pour ce gosse qui ne pourra jamais lire son Naruto et qui sera bientôt totalement allergique à la littérature… même japonaise !
J’aime les stages et ils me le rendent si mal…
19 novembre, 2008
Alors un truc que j’adore dans les stages, c’est le fameux brainstorming ! Kékéssé un bréneustaurmingue ? Et bien un brainstorming, c’est une réunion où un chef-formateur-personne sachant écrire avec un gros feutre demande à son équipe-stagiaires-personnes ne sachant pas écrire avec un gros feutre de dire très vite des mots qui leur viennent à l’esprit à l’évocation d’un autre mot. Et ceci dans le but de découvrir tout plein d’idées formidables sur un problème que jamais on aurait pu résoudre si on avait été tout seul, face au tableau, avec un gros feutre dans la main.
C’est une sorte de communion de l’esprit où on se rend compte qu’en fait, on sait plus de choses qu’on ne le pensait, qu’on est plus intelligent qu’on ne le pensait, que franchement le collègue d’à côté de vous, il dit des trucs vachement cons et qu’il ferait mieux de se taire parce qu’à force, il va vraiment énerver tout le monde !
Le brainstorming est un exercice sérieux et je l’ai appris aujourd’hui à mes dépens…
“- Alors aujourd’hui, nous allons nous interroger sur la valeur intrinsèque et à travers les âges d’un concept souvent dénoncé et pourtant au combien précieux et fragile… Oui aujourd’hui, nous nous lançons dans une grande aventure, nous explorons les subtilités les plus profondes, nous nous interrogeons sur le sens vrai du caché… Alors très vite, sans réfléchir dites-moi les mots qui vous viennent à l’esprit quand je dis… attention, je vais le dire, n’hésitez pas à parler, j’ai un gros feutre dans la main mais je sais m’en servir… attention, je dis le mot… je dis le mot… le mot “MEDIATION” !!!!
- …
- Allez-y, n’ayez pas peur des mots, nous ne sommes pas là pour nous juger, nous ne jugeons personne, nous respectons tout le monde… Allez-y sinon pas de pause café à 15h.
- Euh, “partager” !
- Très bien Alice !
- Communiquer !!!
- Echanger !!!
- Média ! et puis aussi… aller vers l’autre !!!
- Oui c’est une phrase Monique, mais c’est bien, on s’approche !
- Autres !
- Amour !
- Respect !
- Prout et reProut
- Très bien pour tout le monde… Sauf BG, bien sûr. Ton mauvais esprit casse le groupe, BG, tu prends tes affaires et tu sors BG. Réfléchis à ton attitude négative et ses conséquences…
M’enfin ! J’ai pourtant dit ce que j’avais dans la tête !!!
D’où l’intérêt des stages
17 novembre, 2008
Ce qui est chouette dans la vie professionnelle (notamment dans celle d’un fonctionnaire), c’est le principe de la formation continue ! Car pour rester des personnes compétentes, réactives, opérationnelles, ouvertes, nous devons nous former tout au long de notre carrière : la survie de notre métier en dépend !!!
Plus sérieusement, ces petits stages tout au long de l’année sont des petits moments de pur plaisir… Enfin pour moi, hein. Attention, il faut quand même prendre les choses au sérieux. Déjà au moment de l’inscription, on réfléchit sérieusement sur l’intitulé, la valeur, l’intérêt pour notre carrière du stage proposé…
” – Elle a pris quoi en décembre Brigitte ?
- Euh… un truc sur les budgets, je crois.
- Oh non !!! j’ai pas envie de le faire avec elle… Oh tiens, y a un truc sur les “doudous en tant qu’objet transitionnel dans la littérature jeunesse du début du 20 ème siècle”… Ils proposent un petit déjeuner d’accueil !
- Non, laisse tomber, y a pas de restos sympas pour le midi. T’as qu’à venir au stage “mes élus ne me comprennent pas, je ne comprends pas mes élus, est-ce une fatalité ? Oui. Alors comment faire avec…”. Les fenêtres donnent sur la caserne des pompiers ! C’est hyper intéressant…”
Donc une fois que vous avez choisi votre stage et que votre collectivité vous a donné le feu vert, vous partez toute guillerette pour votre formation. Bien sûr, c’est l’occasion de découvrir de nouveaux paysages, de nouvelles structures, d’échanger des informations pertinentes avec les collègues…
“- Putain t’as vu comment elle a grossi Nadine !
- Arrête, pour un peu je ne l’aurai pas reconnu ! On dirait Roseanne qui essaierait de ressembler à Gabrielle Sulis… C’est pathétique. Mais dis donc, elle t’a dit Roselyne pour le recrutement dans sa bibliothèque ?
- Ouais, il paraît qu’ils ont embauché une fille qui, quand elle était bébé, était gardée par la tante éloignée de l’ancien Directeur Général ! Non mais c’est pas dégueulasse un piston pareil !
- Arrête, ça me retourne… Et elle t’a parlé de la nouvelle politique d’acquisition qu’elle veut mettre en place cette garce ?
- Non mais ça, on s’en fout, hein !
- Ouais grave…”
Oui, les stages sont formateurs. Ils nous permettent de comprendre que nous appartenons un corps de métier uni et soudé… (soupir d’autosatisfaction)
Fan de Stephenie Meyer… nan, je déconne !
12 novembre, 2008
Ma collègue Mutine et moi-même, en tant que vraies professionnelles de la littérature jeunesse (hum hum), nous nous efforçons de lire beaucoup, notamment des romans ados, histoire de pas être trop faire quiche quand les “mécheux” viennent demander conseil. Donc forcément, nous n’avons pas pu échapper au Stephenie Meyer avec la saga Fascination – Tentation – Hésitation – Révélation (noter la recherche sur les titres). Pour résumé l’histoire en quelques mots : Bella tombe amoureuse d’Edward qui se révèle être un vampire. Alors elle veut qu’il la morde mais lui, il veut pas, rapport à la souffrance, à sa conception de la vie, toussa toussa. Mais bon, Bella, elle l’aime Edward, elle n’arrive pas à le sortir de son coeur et elle souffre profondément au dedans de… de son coeur… et même que son être tout entier est déchiré. Oui mais voilà le beau Jack, copain d’enfance qui lui est un loup-garou. Et vous savez bien sûr que les vampires et les loups-garous sont pas copains… Alors là, Bella, elle est encore plus déchirée au dedans de son coeur et de son être…
Vous ne pouvez pas le deviner mais si le premier tome avait su séduire mon coeur de midinette, les suivants m’ont… comment dire… amusée. Voire agacée… Dans le style “mais qu’elle ferme sa gue… sa bouche la Bella, qu’elle arrête de geindre, nom de nom ! et puis l’autre suceur de sang, qu’il la morde une bonne foi pour toute et qu’on en parle plus ! C’est quoi cette ode à l’abstinence ???”
Alors quand deux “mécheuses” sont venues demander le dernier tome, Révélation, qui n’était pas encore prêt, je n’ai pas pu m’en empêcher…
Mécheuse 1 : – Oh non !!! c’est trop dur !!!
Mécheuse 2 : – Oh non !!! c’est qu’on en peut plus d’attendre, nous, Maaadameeee ! (mais d’où elle m’appelle Madame cette merdeuse d’abord !)
Moi : – Désolée les filles, il ne va plus tarder… Mais qu’est-ce que vous avez aimé dans les derniers tomes ?
Mécheuse 1 : – TOUT !!! d’abord Stephenie, elle écrit trop bien… Bon en même temps, c’est peut-être la traduction qui écrit bien mais bon, elle aussi, elle doit bien écrire (ah bon ? euh… c’est vrai qu’elle sait très bien se servir du mot “marmoréen”… à toutes les pages)… Et puis l’histoire elle est trop belle, c’est trop beau !
Mécheuse 2 : - Ouais, enfin en fait, c’est Edward qui est trop bôôôôô !!!! (gloussement inimitable que seules les mècheuses expérimentées savent faire) Et vous, Maaadameee (je vais lui en mettre une !), vous pensez qu’il va se passer quoi dans le 4 !
Bon là, j’avoue, j’ai pas pu m’en empêcher. C’était facile mais c’était trop bon.
Moi : – Moi ? Je pense que Bella va quitter Edward pour se mettre avec Jack. Lui au moins il a tout le temps chaud et puis il sait prendre des décisions. C’est pas comme le sang froid qui pendant trois tomes est pas fichu de lui faire un suçon dans le cou !
Mécheuses 1 et 2 : – Aaaaaaaaahhhhhhhhh, mais comment vous pouvez dire ça !!! c’est pô possible !!! Bella et Edward, ils s’aiment d’amour vrai et pur pour l’éternité. Jamais ça finira… Non mais sans rire, vous nous dites la vérité ? c’est pô pôssible… snif snif.
Oui, j’ai été un peu méchante parce qu’en vérité, elles étaient très touchantes mes “mécheuses”. Crier le nom d’un personnage de roman comme elles pourraient crier le nom du chanteur de Tokyo Hotel (celui qui a une bête morte sur la tête), on ne me l’avait jamais fait. Et j’ai adoré… Dernière confidence mes chères “mécheuses”, il va falloir être patiente pour le Révélation, parce que c’est moi qui vais le lire en premier ! Mouhahahahawawa !
Le pot de mes rêves…
7 novembre, 2008
Voilà un moment qu’on aime tous dans le monde du travail : les pots ! Que ce soit pour fêter la naissance du petit dernier, le mariage de Robert, l’anniversaire de Monique ou l’avancement de Ginette, il y a toujours une raison valable pour lever son verre.
Ce midi, je me suis donc lancée, les amis : j’ai organisé MON POT (rapport au concours, vous savez bien). J’étais toute contente, j’avais ramené 4 bouteilles de Champ’ (pour 11 personnes, ça me semblait raisonnable), les collègues avaient apporté des pizzas, des quiches, des biscuits apéro, des desserts, les gens étaient d’humeur joviale, il y avait 3 hommes pour 8 femmes… Bref toutes les conditions étaient réunies…
Et pourtant ce fut le drame : aucun accrochage, aucun crêpage de chignon, aucun vomi à nettoyer… Oh je suis déçue, déçue… C’était pourtant pas compliqué de me faire plaisir. Si seulement ils avaient tous bu ! mais non, ça joue les raisonnables “ah bah non BG, on travaille après !”, “ah bah non BG, je conduis, faut faire attention !”, ”mais arrête BG, tu sais bien que je suis enceinte !” ou “voyons BG, tu sais bien que je suis une alcoolique repentie !”. Mais nom de nom, c’est quoi ces lavettes !!! C’était pas un pot ça, c’était un déjeuner chez le Club Dorothée ! Et encore… parce que je suis sûre que Corbier, dans sa barbe, il ramassait pas que des miettes… j’me comprends…
Moi dans mes rêves (et je vous dis ça avec la lèvre inférieure qui tressaute, avec les yeux du chat de Shrek, avec le sanglot dans la voix), Albertine allait monter sur la table pour faire une démonstration de French cancan à Dédé qui aurait pris des photos pour le site de la mairie ! Dans mes rêves, Ginette allait enfin hurler “oui j’ai 52 ans, je suis encore vierge mais je ne compte pas le rester toute ma vie, avis aux amateurs !” et Grand Manitou aurait alors vomi ses bretzels sur Pascaline ! Dans mes rêves, Mutine aurait écrasé la tête de la directrice dans sa quiche lorraine en murmurant “je les fuck tes évaluations, je les fuck et je te fuck aussi !”. Dans mes rêves Sylvette aurait expliqué à Ginette comment trouver un homme puis l’aurait regardée de haut en bas et lui aurait dit “tiens, prends 20 euros et achète-toi un bâton massant à la Redoute…”. Dans mes rêves, je serai moi aussi montée sur la table, j’aurai levé bien haut mon verre et j’aurai fait un discours…
Un discours sorti de mon coeur, un discours qui marque, un discours profond du genre :
- Ben toi t’es gros, et pis toi t’es moche. Toi j’t'aime pas, toi tu pues-tu pues-tu pues, toi t’es ma copine et toi, t’es qu’une pute !
- M’enfin BG, c’est moi Dédé, ton pote de la repro !!!
- M’en fous, t’es une pute quand même !
Et puis je me serai évanouie sur la table, dans mon propre vomi, et Sylvette m’aurait tenu la tête pour pas que je m’étouffe… Voilà, c’était pourtant simple de me faire plaisir !!! M’en fous, je viens de m’envoyer à moi toute seule mes trois bouteilles de Champ’ restantes… Et je les merde tous !
A quoi sert une évaluation ?
1 novembre, 2008
Moment important dans la vie de tout fonctionnaire : l’évaluation. Elle revient chaque année sous la forme d’un entretien avec le chef de service qui note vos points forts, vos points faibles, vos points à améliorer et vous donne une note. Le chef détermine ainsi votre valeur professionnelle, vos connaissances professionnelles, vos méthodes d’organisation professionnelle… Cela étant dit, à quoi sert réellement l’évaluation ?… Sincèrement ??? ben je ne sais pas…
Mais je peux émettre quelques hypothèses.
1/ l’évaluation permet au fonctionnaire de faire un bilan de son travail et permet à son chef de motiver son agent, de l’appuyer dans ses objectifs… Nan je déconne ! ça se saurait depuis longtemps si l’évaluation du fonctionnaire servait à quelque chose de constructif ! Donc je recommence.
1bis/ l’évaluation du fonctionnaire lui permet… de voir si son chef après son déjeuner avec Marco de la voirie et Lulu du service compta est encore capable de faire des croix dans les cases. Et je vous assure que c’est loin d’être évident !
2/ l’évaluation du fonctionnaire permet de voir si on est toujours le chouchou du chef. S’il vous fait votre évaluation tout en jouant à sa réussite sur l’ordi et en répondant aux textos coquins de sa poule… Mmmm, c’est pas super, super, super bon signe. Par contre, si les yeux pleins de larmes, il vous baise les mains et rend grâce au seigneur d’avoir quelqu’un de votre trempe dans son équipe… alors là oui, c’est mieux.
3/ l’évaluation est un moment de convivialité… bon là, c’et vrai uniquement quand le chef vient de recevoir la dernière cuvée du cidre frelaté de Dédé de la repro et qu’il partage avec vous une lampée de ce breuvage à 40° (j’ai bien “frelaté” le cidre).
4/ l’évaluation permet… non vraiment je ne sais pas à quoi sert l’évaluation annuelle du fonctionnaire. Toujours est-il que le résultat est toujours le même :
- Monique, ton travail, c’est de la merde ! Tu connais toujours pas ton alphabet ce qui devient problématique pour le rangement, tu dis au lecteur d’aller faire un tour à la Fnac s’il veut trouver son bouquin, tu fais pleurer les enfants, tu fais peur aux vieux, et puis tu sens mauvais Monique, tu sens mauvais !!! Bon je t’augmente quand même ta note de 0,10 parce que sinon faudra que je fasse un rapport pour expliciter ma mauvaise note… Et ça me saoule grave, Monique.
ou
- Monique, tu es merveilleuse, Monique. Tu es le pilier de mon équipe, tu sais tout faire Monique. Sans toi je ne suis rien, sans toi l’établissement court à sa perte Monique. Monique ne nous quitte pas, je t’aime. Bon je t’augmente ta note de 0,10, pour pas faire de vague hein ! mais on sait toi et moi que tu vaux beaucoup plus… Et ça, c’est le principal Monique !
Vivement l’année prochaine que je me fasse encore évaluer !


