A la manière de Stephenie Meyer…
26 décembre, 2008
ça y est, j’ai fini Révélation, quatrième tome de la saga de Stephenie Meyer ! J’ai ainsi privé pendant une semaine mes mécheux de cette… fascinante lecture et j’ai eu le bonheur de les voir me supplier, les mains jointes, de leur donner le livre sacré. Aaahhh quelle joie parfois de posséder le pouvoir du bibliothécaire : lire les livres avant le public !
Décidément, Stephenie Meyer m’inspire au plus haut point et je ne peux m’empêcher de lui emprunter son style pour narrer mon quotidien.
Car je ne suis qu’une petite assistante de conservation, faible et insignifiante dans le monde oh combien cruel des bibliothèques. Je cherche au dedans de moi-même la force de continuer mais je sens que mes forces s’épuisent, un peu plus chaque jour… Pourtant ce matin, dans un effort surhumain puisé à l’intérieur de mon for intérieur, je réussis à me faire chauffer l’eau pour un café. L’eau était brûlante et j’ai cru que j’allai étouffer par le feu qui embrassa alors ma gorge et tout mon corps et je vacillai alors sur mon siège, troublée par cette expérience inédite et consciente que je devai maintenant faire attention à la température de l’eau de mon café…
Tout à coup, la sonnette de la porte retentit dans toute la bibliothèque. Je restai un moment interdite, ne sachant plus que faire, mais derechef, je me levai de mon siège. Je fus prise d’un étourdissement violent. Je manquai de tomber violemment sur le lino mais je repris mon souffle dans un effort extraordinaire qui m’arracha un soupir. La sonnette se fit à nouveau entendre, faisant vibrer tous les murs de mon bureau. Essayant d’oublier le gouffre de souffrance et de peur qui s’ouvrit en moi, je partis derechef ouvrir cette porte qui je le sentai bien, allait s’ouvrir sur un flot de douleur… et de souffrance.
Et là, à la porte, je le vis… Quel choc ! Dédé venait apporter le courrier. Son regard profond, brûlant teinté de rouge, de noir, de bleu et peut-être un peu de rose se posa sur moi. J’essayai de ne pas montrer mon trouble qui s’installait aux tréfonds de moi-même mais je crus défaillir quand Dédé poussa son rugissement :
“- Putain BG tu fais chier, ça fait trois heures que je sonne ! j’ai pas que ça à foutre et je me gèle les couilles dehors !!! “
Aaaahhhh, quelle musique dans sa voix teintée de cristal cristallin… et argetin… et limpide… comme de l’eau de source Cristalline… Je ne voulai pas qu’il se rende compte de mon émoi alors j’essayai de ne pas le regarder dans ses yeux trop incandescents sur ma peau fragile… et humaine.
” – Mais merde tu les prends les enveloppes ou quoi ? t’as encore bu le restant de mon calva toi ! Tu vas avoir des problèmes un de ses quatre ! Bon j’t'laisse à ton délire. Au fait, y’a Raymond l’électro qui arrive pour te changer les ampoules alors pas la peine de fermer, hein ?”
Tant de fureur dans sa voix, tant de tristesse, tant de désespoir… pourtant c’était ainsi, à l’évocation de ce prénom, je frémis et fus prise de tremblements violents. Je ne pouvai me résoudre à choisir entre ces deux hommes oh combien différents et pourtant si proches de mon être profond. Je savais que Raymond saurait changer les ampoules à mains nues, les remplacer par de nouvelles sans avoir peur de se brûler par le feu… brûlant… et chaud qui s’en dégagerait alors.
Les yeux pleins de larmes, je regardai Dédé s’enfuir dans la brume matinale. Il sembla me faire un geste, un geste avec sa main… et avec son doigt… Sa souffrance devait être aussi terrible que la mienne… ma souffrance à moi qui est au-delà des mots humains qui existent sur la terre…
Pour toi, Stephenie… je t’adore !
J’aime pas Noël…
22 décembre, 2008
Non c’est clair, je n’aime pas Noël… Vous me direz, c’est loin d’être original. A part les trolls, personne n’aime Noël, non ?
Mais pour être plus précise, je n’aime pas Noël au travail.
Déjà, il y a le truc de souhaiter de bonnes fêtes à tous les lecteurs. Non mais sérieusement, qu’est-ce que je m’en fous qu’ils passent de bonnes fêtes ! D’ailleurs, du moment que je leur donne leurs bouquins démagnétisés avec le ticket de la date de retour, ils devraient s’estimer contents. Mais non, il faut aussi que je fasse un grand sourire, que je tapote la tête du petit dernier, que je souhaite un bon Noël de façon laïque et politiquement correcte… Merde alors !
Et puis, il y a toujours une collègue pour dire que ce serait vachement sympa si on portait tous des chapeaux de père Noël, il y a toujours un lecteur pour faire des réflexions votre décoration, surtout vos belles boules, il y a toujours un enfant pour vomir dans les bacs sa bûche de la cantine, il y a toujours ce put… de sapin de Noël qui perd ses aiguilles et qui va sans doute tomber sur un troll et là j’aurai droit au mieux à un blâme pour maltraitance volontaire alors que d’abord, moi ce put… de sapin avec ses gros noeuds partout, j’en voulais même pas…
Et puis à cette période, c’est comme s’il fallait faire semblant d’être heureux, d’être une personne pleine de compassion. Ben non, désolée, moi je suis aussi de mauvaise humeur à Noël ! et je revendique ce droit…
Et puis… et puis… et puis d’abord le vieux lecteur tout gentil qui vient chaque année m’apporter une boîte de gros Suchard n’est pas passé cette année… Non mais ça veut dire quoi, ça ! ce non-respect des traditions, ça m’écoeure… Snif snif… Bon je l’attends encore demain mais s’il ne vient pas, et ben FUCK Noël !

