ça y est, j’ai fini Révélation, quatrième tome de la saga de Stephenie Meyer ! J’ai ainsi privé pendant une semaine mes mécheux de cette… fascinante lecture et j’ai eu le bonheur de les voir me supplier, les mains jointes, de leur donner le livre sacré. Aaahhh quelle joie parfois de posséder le pouvoir du bibliothécaire : lire les livres avant le public !

Décidément, Stephenie Meyer m’inspire au plus haut point et je ne peux m’empêcher de lui emprunter son style pour narrer mon quotidien.

Car je ne suis qu’une petite assistante de conservation, faible et insignifiante dans le monde oh combien cruel des bibliothèques. Je cherche au dedans de moi-même la force de continuer mais je sens que mes forces s’épuisent, un peu plus chaque jour… Pourtant ce matin, dans un effort surhumain puisé à l’intérieur de mon for intérieur, je réussis à me faire chauffer l’eau pour un café. L’eau était brûlante et j’ai cru que j’allai étouffer par le feu qui embrassa alors ma gorge et tout mon corps et je vacillai alors sur mon siège, troublée par cette expérience inédite et consciente que je devai maintenant faire attention à la température de l’eau de mon café…

Tout à coup, la sonnette de la porte retentit dans toute la bibliothèque. Je restai un moment interdite, ne sachant plus que faire, mais derechef, je me levai de mon siège. Je fus prise d’un étourdissement violent. Je manquai de tomber violemment sur le lino mais je repris mon souffle dans un effort extraordinaire qui m’arracha un soupir. La sonnette se fit à nouveau entendre, faisant vibrer tous les murs de mon bureau. Essayant d’oublier le gouffre de souffrance et de peur qui s’ouvrit en moi, je partis derechef ouvrir cette porte qui je le sentai bien, allait s’ouvrir sur un flot de douleur… et de souffrance.

Et là, à la porte, je le vis… Quel choc ! Dédé venait apporter le courrier. Son regard profond, brûlant teinté de rouge, de noir, de bleu et peut-être un peu de rose se posa sur moi. J’essayai de ne pas montrer mon trouble qui s’installait aux tréfonds de moi-même mais je crus défaillir quand Dédé poussa son rugissement :

“- Putain BG tu fais chier, ça fait trois heures que je sonne ! j’ai pas que ça à foutre et je me gèle les couilles dehors !!! “

Aaaahhhh, quelle musique dans sa voix teintée de cristal cristallin… et argetin… et limpide… comme de l’eau de source Cristalline… Je ne voulai pas qu’il se rende compte de mon émoi alors j’essayai de ne pas le regarder dans ses yeux trop incandescents sur ma peau fragile… et humaine.

” – Mais merde tu les prends les enveloppes ou quoi ? t’as encore bu le restant de mon calva toi ! Tu vas avoir des problèmes un de ses quatre ! Bon j’t'laisse à ton délire. Au fait, y’a Raymond l’électro qui arrive pour te changer les ampoules alors pas la peine de fermer, hein ?”

Tant de fureur dans sa voix, tant de tristesse, tant de désespoir… pourtant c’était ainsi, à l’évocation de ce prénom, je frémis et fus prise de tremblements violents. Je ne pouvai me résoudre à choisir entre ces deux hommes oh combien différents et pourtant si proches de mon être profond. Je savais que Raymond saurait changer les ampoules à mains nues, les remplacer par de nouvelles sans avoir peur de se brûler par le feu… brûlant… et chaud qui s’en dégagerait alors.

Les yeux pleins de larmes, je regardai Dédé s’enfuir dans la brume matinale. Il sembla me faire un geste, un geste avec sa main… et avec son doigt… Sa souffrance devait être aussi terrible que la mienne… ma souffrance à moi qui est au-delà des mots humains qui existent sur la terre…

 

Pour toi, Stephenie… je t’adore !

11 Réponses à “A la manière de Stephenie Meyer…”

  1. #1 - HONORINE Dit:

    Si je comprends bien Stephenie Meyer est aux mécheux ce que Barbara Cartland est aux séniors :idea:
    J’adore ton article BG sur cette Stephenie Meyer que je découvre par ton essai :lol:
    Vraiment j’aime cet article :razz:
    Trop hilarant :mrgreen:

  2. #2 - B_incendiaire Dit:

    MDR… figure-toi que je viens de commencer “fascination” grâce à toi… et déjà le troublant Edward me rend toute chose… :shock:
    Mais je suis tout à fait d’accord, en tant que bibliothécaire on se DOIT d’analyser le style très personnel de Stephenie. Quelle femme tout de même. Elle comprend si bien ce qui se passe au dedans de nous.

  3. #3 - BG Dit:

    @ Honorine : tu as tout à fait raison, la comparaison est parfaite et elle plairait à Stephenie !

    @ B_incendiaire : et attends un peu que Jacob se révèle… Grrrrr :lol:

  4. #4 - Fred Dit:

    Un billet formidablement formidable de plus !

    A noter la facilité déconcertante avec laquelle tu parviens à plonger dans la littérature adolescente. Non, vraiment, BG, c’est magnifique et je sens même une grosse larme rouler le long de ma joue. Une telle osmose avec son public, c’est tout-de-même assez rare. :mrgreen:

  5. #5 - Albertine Dit:

    J’étais sûre que tu allais replonger et avec quelle classe…Dédé est plus vrai que nature. Bravissimo

  6. #6 - Albertine Dit:

    Comment t’as pu traiter de la sorte notre chipendale de service,tu sais bien qu’il a une libido compliquée,va falloir encore le soigner dans le secteur patrimoine pendant des mois pour espérer une guérison voir une érection :mrgreen: .Ton Raymond c’est de la daube!!!

  7. #7 - BG Dit:

    @ Fred : c’était un compliment, non ? bon moi je le prends comme un compliment parce que comprendre l’oeuvre de Stephenie Meyer, ce n’est pas donné à tout le monde ! Je me sens en communion avec mes mécheux, c’est trop beau…

    @ Albertine : ne critique pas Raymond comme ça… Mais c’est vrai que notre Dédé a un tel potentiel, une telle démarche de félin et surtout une manière de nous parler avec tant de charme… En tout cas, je compte sur toi pour la guérison, je sais que tu as un don très… particulier ;)

  8. #8 - Fred Dit:

    Bien sûr, tu me connais voyons ;)
    En tout cas, j’écrase une grosse larme en pensant à l’improbable communion que tu vis avec tes mêcheux. C’est merveilleux…

  9. #9 - Albertine Dit:

    Je tacherais de faire au mieux pour la thérapie de Dédé
    mais j’ai d’autres casseroles qui mijotent sur le feu actuellement avec des fumets prometteurs….

  10. #10 - Tonito Dit:

    Un frisson de bonheur parcourut mon échine alors que je réalisais à cet instant présent que ouais, youhouhou, j’ai bien fait de pas me lancer dans cette daube !
    Strodinaire. Merci beaucoup.
    Y’a pas de dessin :(
    Hooo. On a les même Raymond / Dédé dans notre collectivité, tiens.

  11. #11 - BG Dit:

    Serait-ce possible que mon Dédé et mon Raymond aient quelques sosies au-delà de mes terres ? que de tourments et de souffrances tu m’infliges Tonito en affirmant cette atroce vérité à mon être tout perdu…
    ;-)

Répondre