Parfois, on sent qu’on va pas y arriver…
12 janvier, 2010
Vous l’avez déjà peut-être compris mais sinon tant pis…
Je fais mon coming out : oui, c’est vrai, je travaille en section jeunesse. Attention, hein, je suis fière de ce métier, j’aime la littérature jeunesse, j’aime les auteurs jeunesse, j’aime les formations sur “comment communiquer avec le jeune qui pense qu’une bibliothécaire est forcément la grosse vache qui lui dit de la mettre en veilleuse ou elle le fout dehors”…
Mais parfois, avec les enfants… disons que c’est plus difficile.
Alors tout de suite, il y en a qui vont dire “ouh la vilaine, elle travaille en jeunesse et elle n’aime pas les enfants !” Que nenni ! J’aime les enfants… Mais pas trop longtemps peut-être…
Et parfois quand je reçois certaines classes, je me sens… inutile.
Exemple il y a quelques jours avec une classe de CP qui vient découvrir les romans première lecture. Après avoir fait ma grosse voix quand quatre élèves ont entamé une bagarre sur le tapis et qu’un petit comique s’est mis chanter une chanson paillarde de son tonton Gaston (tout ceci pendant que leur maîtresse choisissait des polars pour sa pomme), j’entame la discussion sur la littérature, les livres, les auteurs et puis comme une co… idiote que je suis je demande “tiens au fait, c’est quoi un lecteur ?”
- un lecteur MP3 ?
- non
- un lecteur Blue Ray ?
- naaan
- un lecteur DVD ?
- NOOOON
- un magnétoscope ???
- …
M’enfin ! Je me demande si je vais pas me porter volontaire pour m’occuper des vieux moi… Quoique…


12 janvier, 2010 à 22:43
Ben… pourquoi poses-tu une question aussi indécente à un enfant, avec ton jargon de bibliothécaire ?
Un enfant, c’est un enfant !
Il paye son livre, et il peut l’emprunter… Oups, l’emmener chez lui !
Il n’est pas plus usagé que toi ou moi, il n’est pas non plus un client, mais, au mieux, un écolier.
Un lecteur, c’est bien un lecteur MP3… ou alors, c’est un vieux comme Papa ou Maman (20-30 ans).
Faut pas confondre jargon de bibliothécaire, et langage d’enfant.
L’enfant, c’est quelqu’un comme toi et moi.
Le bibliothécaire le voit en tant que lecteur, mais lui, c’est lui (“moi, je suis moi”, te dira-t-il), pas une petite case ou une étiquette que l’on pourrait lui coller sur le front.
Là, on touche la déformation professionnelle qui veut tout classer. (à une lettre près, on a un autre mot, un autre sens.
)
Et bon courage pour ton comic out !
B. Majour
17 janvier, 2010 à 19:40
Je pense m’acheter un tee-shirt “je travaille en section jeunesse et je vous emmerde”
Mes supérieurs devraient apprécier…
Pour le jargon de professionnel, tu as certainement raison, je suis la première à oublier que non, le lecteur ne comprend pas forcément ce que veut dire “votre livre a la cote 944,30…” ou “non c’est une nouveauté qui est à l’équipement il faut encore attendre !”.
Mais là, avec mes trolls, nous étions en train de regarder une afficher dessiner par Quentin Blake avec les 10 droits des lecteurs d’après Daniel Pennac. ça les faisait bien marrer de s’imaginer en train de lire sur un vélo… D’ailleurs je pense que je vais bientôt avoir des parents qui vont me ramener des notes de frais médicaux…
Bref tout ça pour dire que l’occasion faisant le larron, j’ai posé la question… Et j’ai bien rigolé !
22 janvier, 2010 à 13:31
Ah oui, tiens, une petite pensée pour les documentalistes en établissements scolaires ! C’est ça tous les jours ! Et la documentaliste, c’est “la dame du CDI qui dit chut”…
22 janvier, 2010 à 20:04
@ rondet : et bien moi je suis la “dame à la grosse voix”… je sais pas comment je dois le prendre ^^
En tout cas, tu as raison, grosse pensée aux collègues documentalistes avec lesquelles je n’ai pas toujours été très gentille quand j’avais 14 ans