Et oui, voici 10 bonnes raisons de venir travailler dans notre bibliothèque adorée au mois d’août alors que des pétasses collègues se la coulent douce au bord de la mer !

Raison number one : pas de problème d’embouteillage le matin. On arrive à l’heure au boulot, voire même en avance… Oui en avance… Brrrr, ça fait froid dans le dos quand même…

Raison numéro 2 : on a le temps de se consacrer au travail qu’on a pas eu le temps de faire le reste de l’année tellement qu’on est overbooked et qu’on court, court, court. Par exemple, cette anthologie de la poésie médiévale qui traîne sur mon bureau, je vais enfin pouvoir la cataloguer… En même temps, j’ai aussi besoin de ranger mes trombones… Et puis il faudrait que je fasse un tour dans les réserves pour voir s’il y aurait pas un crayon à papier rapport au fait que le mien, il a sa mine toute cassée et que j’ai plus de taille crayon parce que Dédé il a voulu mettre un truc dedans et qu’il s’est fait mal d’ailleurs…

Raison numéro 3 : c’est chouette de prendre son café du matin dans le jardin de la bibliothèque… Bon c’est vrai quand ce moment il fait un temps pourri et que du coup ça fait longtemps que j’ai pas pris mon café dans le jardin mais comme on est au mois d’août, si je veux, je peux !

Raison numéro 4 : ma chef n’est pas là et je peux donc lui piquer ses affaires mais je ne le ferai pas parce que je suis une fille bien… Message personnel, tu me lis toujours chef ?

Raison numéro 5 : on a le temps de faire de nouveaux aménagements, de trier, de ranger les livres… Dis comme ça c’est pas très excitant mais dans la réalité… c’est pas très excitant non plus…

Raison numéro 6 : il n’y pas beaucoup de lecteurs donc je peux vraiment prendre du temps pour renseigner les gens. Sauf que pour le moment j’ai que des chieurs qui pleurent pour avoir leur Pancol ou leur Musso !

Raison 7 : quand Dédé nous apporte du courrier, il reste plus longtemps parce qu’il a le temps… Ouais enfin je sais pas si c’est vraiment positif ça !

Raison 8 : l’informaticien travaille aussi au mois d’août donc on peut en profiter pour lui demander de nous réparer (enfin) notre ordi qui rame. Alors c’est sûr qu’il va encore râler et demander qui sait qui lui a foutu une conne pareille, qu’on devrait me demander un permis pour utiliser ses bécanes rapport au fait que je lui mets une merde pas possible dessus… Mais bon, il va regarder mon ordinateur !!! YOUHOU !

Raison 9 : on peut vraiment avoir des conversation de fond avec ses collègues. Par exemple ce midi, on est tous tombés d’accord sur le fait que Micheline, elle a beaucoup perdu des fesses et que du coup, elle semble moins intelligente !

Raison 10 : j’adore travailler au mois d’août !

Oui c’est bon, tout est prêt !

J’ai posé mon joli tas d’albums à cataloguer sur mon bureau qui est, une fois n’est pas coutume, bien rangé comme il faut !!! J’ai mon rouleau de code-barres tout à côté de ma super douchette qui est juste positionnée comme j’aime bien ! Bon et bien je vais pouvoir y aller… je vais cataloguer…

Ah j’allais oublier de vérifier le dossier de mon siège ! Et c’est bien ce que je pensais, il est pas bon du tout. C’est encore cette salope de Brigitte qui est venue poser ses grosses fesses sur MON trône ! Ah mais ça va pas se passer comme ça ! Moi je m’en fous, je suis une dingue, je vais tout de suite rédiger une note sur le intranet de la mairie !!!

Ok je vais ouvrir le bidule, je rédige mon mail de menaces et après, c’est promis, je m’y mets et je catalogue tout-tout-tout… Ah bah ça marche pas bien leur truc dis-donc… Ouais je comprends, c’est encore Dédé qu’a envoyé que des photos débiles  sur le réseau ! Qu’il est con ce Dédé… N’empêche que la photo du chien avec ses grosses lunettes, c’est sympa quand même…

Bon tant pis, j’enverrai une note plus tard ! Cette fois-ci, c’est parti, ça y est je travaille…

Dis donc, y a beaucoup de poussière quand même sur le bord de la fenêtre… Oh une mouche morte ! C’est bizarre qu’elle soit morte cette mouche ! Peut-être qu’elle a mangé quelque chose de pas sain… quelque chose de pas sain qui se trouvait dans mon bureau ! Ah non mais c’est bon, je peux plus continuer à travailler dans de telles conditions ! La coupe est pleine, je me casse ! Et pourtant, j’étais vraiment motivée aujourd’hui… Je suis pas aidée !

Dédé is back

31 juillet, 2009

Franchement, cette reprise du travail se passe étrangement bien : des lecteurs peu nombreux, pas stressés, presque sympas, des collègues détendus, scotchés sur les sites de rencontres (est-ce une particularité de ma bibliothèque ?), presque heureux de travailler, une hiérarchie… absente.

Non vraiment, je me sens super bien !

Tiens voilà mon Dédé qui arrive, la mèche bien soyeuse, le teint rayonnant ! ça me fait super plaisir de le voir !

- Salut Dédé, comment ça va ? Je suis cont…

– Ben dis donc ma salope, t’as profité des vacances à ce que je vois

– ???

– T’en as bouffé des crêpes, hein ? Non ? parce que là vraiment t’es ÉNORME !

– …

Tout compte fait, je me sens pas si bien… J’ai même la gorge qui me gratte… Y a pas un gros méchant virus qui traîne en ce moment ? Je crois que je vais aller me coucher moi…

Monotonie estivale

13 juillet, 2009

« – BG à Monique… BG à Monique, tu m’entends ?

– …

– le bouton rouge Monique !

– OK ! Lapine Mutine à Bouche Gourmande, je te reçois 5 sur 5 !!!

– Putain on a dit qu’on arrêtait avec les surnoms porno ! Déjà qu’on a des talkies-walkies de spiderman… Il fait chier Kevin…

– BG ne parle pas comme ça de mon fils !!! il n’a que 4 ans !

– Si tu veux Monique. Bon dis moi si tu vois quelque chose d’intéressant.

– Euh… Non pas vraiment… J’ai un petit vieux qui vient de se vautrer contre la porte vitrée mais il a pas l’air de s’être fait très mal… J’ai une hystéro qui m’a fait le coup du grand complot des bibliothécaires. Paraît qu’on lui met des livres qu’elle n’emprunte pas sur sa carte, histoire de lui réclamer plus tard… Et puis sinon y a des nains qui jouent à lancer les souris de l’espace multimédia… Comme d’hab quoi, et toi ?

– Ben moi en jeunesse, j’ai pas grand chose non plus… Y a des mécheux qui communiquent en poussant des sortes de grognement, y a un couple qui tente apparemment de se reproduire dans les toilettes et y a une mère de famille qui trouve très sympa de changer son nain de 18 mois sur le tapis des contes… Et vu l’odeur, le gamin est très, très, très malade si tu vois ce que je veux dire… Arggggh je hais l’été, il se passe jamais rien…

– Monique à BG ! Attends attends, j’hallucine ! y a un mec qui vient de traverser le jardin de la bib avec un slip sur la tête !

– Ouais et alors ?

– Et ben il n’a que le slip sur la tête !!! Pour le reste, il est… il est… tout nu !!!

– Je répète « Ouais et alors ? » Putain Monique, c’est Dédé ! Tu sais bien que depuis deux semaines, il profite de l’absence du DG pour tester ses breuvages tous les midis ! Hier il a fait un moonwalk sur la banque de prêt… Faut suivre Monique, faut suivre…

Tu sais Monique, ça me fait un mal de chien de le dire mais… qu’est-ce qu’on s’ennuie quand les lecteurs sont pas là… »

Un matin comme un autre, Christine débarque comme une furie dans le bureau, les deux mains plaquées sur le visage tel un Homer Simpson constatant qu’il n’y a plus de Duff dans son frigo :

« – Oh les filles, on n’a plus de Gilbert ! »

La foule (enfin quatre bibliothécaires mais on est assez bruyants… surtout moi) répond en coeur :

« – Oh dis moi pas que c’est pas vrai !!!! »

S’ensuit une longue plainte traduisant une souffrance intense et atroce (Stephenie Meyer, je t’aime toujours tu sais !).

Alors pour les néophytes et les rares professionnels qui ne connaîtraient pas Gilbert, je vais faire les présentations. Gilbert est un petit flacon d’anti-adhésif qu’on utilise généralement pour retirer les pansements chez les êtres douillets, c’est-à-dire les hommes.

Bien sûr, dans ma bibliothèque, nous n’avons pas tous les jours à enlever des pansements sur nos corps athlétiques. Gilbert est bel et bien un compagnon de travail qui nous aide à retirer les saloperies d’étiquette de prix ou d’ISBN collées horriblement sur nos livres, les saloperies de vieilles côtes quand une nouvelle chef décide de changer tout le système de cotation ou d’enlever parfois du filmo dans les cheveux de Dédé quand celui-ci trouvait marrant de jouer à la momie avec le film collant… Les choses sont claires : Gilbert nous est indispensable.

OK, me direz-vous, pas de problème, rachète ton Gilbert, BG, et arrête de nous prendre la tête ! Oh mais que nenni, les choses ne sont pas si simples au pays des fonctionnaires. On décide d’organiser une réunion en urgence.

Trois semaines plus tard, réunion :

« Christine : – bon les filles, est-ce que vous avez des idées pour retrouver notre Gilbert !

Monique : – y a pas un moyen de passer ça dans un de nos marchés ?

Christine : – Ben non, aucun de nos prestataires ne fournit du Gilbert…

Albertine : – OK. Bon la régie d’avance, on en a plus… Faudrait peut-être en demander en mairie ou dans un autre service ?

Moi : – J’essaye de téléphoner à Dédé tout de suite. J’ai son numéro de portable parce que l’autre fois, il nous a envoyé des photos de ses fesses.

(Vous noterez au passage l’efficacité de votre BG, hein !)

Dédé (qui n’est pas à la réunion mais qui répond au téléphone si vous suivez toujours) : – Mmmallo ?

Moi : – Allo Dédé, c’est BG. Bon c’est hyper important. On a plus de Gilbert, Dédé, on est au bord du gouffre, Dédé. Est-ce que par hasard, mon cher Dédé, tu n’aurais pas un plan pour nous en choper en mairie, l’air de rien ? Aide-nous s’il-te-plaît, on a besoin de toi Dédé. Tu peux faire ça pour nous ?

Dédé : – allez-vous faire foutre bande de salopes !

Moi : – Ok, merci Dédé. Bon les filles, Dédé dit qu’il est dans l’incapacité de répondre à notre demande !

Albertine : – Putain on est mal…

Stagiaire Yolande : – Euh c’est peut-être une question bête mais votre flacon, ça coûte que 3 euros… Vous ne pourriez pas en acheter vous même !

Ouh la la la !!! Heureusement qu’Albertine était à côté d’elle. D’un geste leste et gracieux, elle décoche un coup de poing dans le pif de Stagiaire Yolande qui très vite pisse le sang. Non mais c’est vrai, y a des limites aux insultes quand même ! On est des bibliothécaires, on a de la DIGNITE, Madaaame !

Alors adieu Gilbert ! Pendant des mois, tu as su préserver nos petits ongles du grattage indélicat d’étiquettes. Ton odeur d’éther me manque déjà… Pour toi Gilbert… Ouiiiiinnnnn !!!

ça y est, j’ai fini Révélation, quatrième tome de la saga de Stephenie Meyer ! J’ai ainsi privé pendant une semaine mes mécheux de cette… fascinante lecture et j’ai eu le bonheur de les voir me supplier, les mains jointes, de leur donner le livre sacré. Aaahhh quelle joie parfois de posséder le pouvoir du bibliothécaire : lire les livres avant le public !

Décidément, Stephenie Meyer m’inspire au plus haut point et je ne peux m’empêcher de lui emprunter son style pour narrer mon quotidien.

Car je ne suis qu’une petite assistante de conservation, faible et insignifiante dans le monde oh combien cruel des bibliothèques. Je cherche au dedans de moi-même la force de continuer mais je sens que mes forces s’épuisent, un peu plus chaque jour… Pourtant ce matin, dans un effort surhumain puisé à l’intérieur de mon for intérieur, je réussis à me faire chauffer l’eau pour un café. L’eau était brûlante et j’ai cru que j’allai étouffer par le feu qui embrassa alors ma gorge et tout mon corps et je vacillai alors sur mon siège, troublée par cette expérience inédite et consciente que je devai maintenant faire attention à la température de l’eau de mon café…

Tout à coup, la sonnette de la porte retentit dans toute la bibliothèque. Je restai un moment interdite, ne sachant plus que faire, mais derechef, je me levai de mon siège. Je fus prise d’un étourdissement violent. Je manquai de tomber violemment sur le lino mais je repris mon souffle dans un effort extraordinaire qui m’arracha un soupir. La sonnette se fit à nouveau entendre, faisant vibrer tous les murs de mon bureau. Essayant d’oublier le gouffre de souffrance et de peur qui s’ouvrit en moi, je partis derechef ouvrir cette porte qui je le sentai bien, allait s’ouvrir sur un flot de douleur… et de souffrance.

Et là, à la porte, je le vis… Quel choc ! Dédé venait apporter le courrier. Son regard profond, brûlant teinté de rouge, de noir, de bleu et peut-être un peu de rose se posa sur moi. J’essayai de ne pas montrer mon trouble qui s’installait aux tréfonds de moi-même mais je crus défaillir quand Dédé poussa son rugissement :

« – Putain BG tu fais chier, ça fait trois heures que je sonne ! j’ai pas que ça à foutre et je me gèle les couilles dehors !!! « 

Aaaahhhh, quelle musique dans sa voix teintée de cristal cristallin… et argetin… et limpide… comme de l’eau de source Cristalline… Je ne voulai pas qu’il se rende compte de mon émoi alors j’essayai de ne pas le regarder dans ses yeux trop incandescents sur ma peau fragile… et humaine.

 » – Mais merde tu les prends les enveloppes ou quoi ? t’as encore bu le restant de mon calva toi ! Tu vas avoir des problèmes un de ses quatre ! Bon j’t’laisse à ton délire. Au fait, y’a Raymond l’électro qui arrive pour te changer les ampoules alors pas la peine de fermer, hein ? »

Tant de fureur dans sa voix, tant de tristesse, tant de désespoir… pourtant c’était ainsi, à l’évocation de ce prénom, je frémis et fus prise de tremblements violents. Je ne pouvai me résoudre à choisir entre ces deux hommes oh combien différents et pourtant si proches de mon être profond. Je savais que Raymond saurait changer les ampoules à mains nues, les remplacer par de nouvelles sans avoir peur de se brûler par le feu… brûlant… et chaud qui s’en dégagerait alors.

Les yeux pleins de larmes, je regardai Dédé s’enfuir dans la brume matinale. Il sembla me faire un geste, un geste avec sa main… et avec son doigt… Sa souffrance devait être aussi terrible que la mienne… ma souffrance à moi qui est au-delà des mots humains qui existent sur la terre…

 

Pour toi, Stephenie… je t’adore !

Le pot de mes rêves…

7 novembre, 2008

Voilà un moment qu’on aime tous dans le monde du travail : les pots ! Que ce soit pour fêter la naissance du petit dernier, le mariage de Robert, l’anniversaire de Monique ou l’avancement de Ginette, il y a toujours une raison valable pour lever son verre.

Ce midi, je me suis donc lancée, les amis : j’ai organisé MON POT (rapport au concours, vous savez bien). J’étais toute contente, j’avais ramené 4 bouteilles de Champ’ (pour 11 personnes, ça me semblait raisonnable), les collègues avaient apporté des pizzas, des quiches, des biscuits apéro, des desserts, les gens étaient d’humeur joviale, il y avait 3 hommes pour 8 femmes… Bref toutes les conditions étaient réunies…

Et pourtant ce fut le drame : aucun accrochage, aucun crêpage de chignon, aucun vomi à nettoyer… Oh je suis déçue, déçue… C’était pourtant pas compliqué de me faire plaisir. Si seulement ils avaient tous bu ! mais non, ça joue les raisonnables « ah bah non BG, on travaille après ! », « ah bah non BG, je conduis, faut faire attention ! »,  « mais arrête BG, tu sais bien que je suis enceinte ! » ou « voyons BG, tu sais bien que je suis une alcoolique repentie ! ». Mais nom de nom, c’est quoi ces lavettes !!! C’était pas un pot ça, c’était un déjeuner chez le Club Dorothée ! Et encore… parce que je suis sûre que Corbier, dans sa barbe, il ramassait pas que des miettes… j’me comprends…

Moi dans mes rêves (et je vous dis ça avec la lèvre inférieure qui tressaute, avec les yeux du chat de Shrek, avec le sanglot dans la voix), Albertine allait monter sur la table pour faire une démonstration de French cancan à Dédé qui aurait pris des photos pour le site de la mairie ! Dans mes rêves, Ginette allait enfin hurler « oui j’ai 52 ans, je suis encore vierge mais je ne compte pas le rester toute ma vie, avis aux amateurs ! » et Grand Manitou aurait alors vomi ses bretzels sur Pascaline ! Dans mes rêves, Mutine aurait écrasé la tête de la directrice dans sa quiche lorraine en murmurant « je les fuck tes évaluations, je les fuck et je te fuck aussi ! ». Dans mes rêves Sylvette aurait expliqué à Ginette comment trouver un  homme puis l’aurait regardée de haut en bas et lui aurait dit « tiens, prends 20 euros et achète-toi un bâton massant à la Redoute… ». Dans mes rêves, je serai moi aussi montée sur la table, j’aurai levé bien haut mon verre et j’aurai fait un discours…

Un discours sorti de mon coeur, un discours qui marque, un discours profond du genre :

- Ben toi t’es gros, et pis toi t’es moche. Toi j’t’aime pas, toi tu pues-tu pues-tu pues, toi t’es ma copine et toi, t’es qu’une pute !

- M’enfin BG, c’est moi Dédé, ton pote de la repro !!!

- M’en fous, t’es une pute quand même !

Et puis je me serai évanouie sur la table, dans mon propre vomi, et Sylvette m’aurait tenu la tête pour pas que je m’étouffe… Voilà, c’était pourtant simple de me faire plaisir !!! M’en fous, je viens de m’envoyer à moi toute seule mes trois bouteilles de Champ’ restantes… Et je les merde tous !

Moment important dans la vie de tout fonctionnaire : l’évaluation. Elle revient chaque année sous la forme d’un entretien avec le chef de service qui note vos points forts, vos points faibles, vos points à améliorer et vous donne une note. Le chef détermine ainsi votre valeur professionnelle, vos connaissances professionnelles, vos méthodes d’organisation professionnelle… Cela étant dit, à quoi sert réellement l’évaluation ?… Sincèrement ??? ben je ne sais pas…

Mais je peux émettre quelques hypothèses.

1/ l’évaluation permet au fonctionnaire de faire un bilan de son travail et permet à son chef de motiver son agent, de l’appuyer dans ses objectifs… Nan je déconne ! ça se saurait depuis longtemps si l’évaluation du fonctionnaire servait à quelque chose de constructif ! Donc je recommence.

1bis/ l’évaluation du fonctionnaire lui permet… de voir si son chef après son déjeuner avec Marco de la voirie et Lulu du service compta est encore capable de faire des croix dans les cases. Et je vous assure que c’est loin d’être évident !

2/ l’évaluation du fonctionnaire permet de voir si on est toujours le chouchou du chef. S’il vous fait votre évaluation tout en jouant à sa réussite sur l’ordi et en répondant aux textos coquins de sa poule… Mmmm, c’est pas super, super, super bon signe. Par contre, si les yeux pleins de larmes, il vous baise les mains  et rend grâce au seigneur d’avoir quelqu’un de votre trempe dans son équipe… alors là oui, c’est mieux.

3/ l’évaluation est un moment de convivialité… bon là, c’et vrai uniquement quand le chef vient de recevoir la dernière cuvée du cidre frelaté de Dédé de la repro et qu’il partage avec vous une lampée de ce breuvage à 40° (j’ai bien « frelaté » le cidre).

4/ l’évaluation permet… non vraiment je ne sais pas à quoi sert l’évaluation annuelle du fonctionnaire. Toujours est-il que le résultat est toujours le même :

- Monique, ton travail, c’est de la merde ! Tu connais toujours pas ton alphabet ce qui devient problématique pour le rangement, tu dis au lecteur d’aller faire un tour à la Fnac s’il veut trouver son bouquin, tu fais pleurer les enfants, tu fais peur aux vieux, et puis tu sens mauvais Monique, tu sens mauvais !!! Bon je t’augmente quand même ta note de 0,10 parce que sinon faudra que je fasse un rapport pour expliciter ma mauvaise note… Et ça me saoule grave, Monique. 

ou

- Monique, tu es merveilleuse, Monique. Tu es le pilier de mon équipe, tu sais tout faire Monique. Sans toi je ne suis rien, sans toi l’établissement court à sa perte Monique. Monique ne nous quitte pas, je t’aime. Bon je t’augmente ta note de 0,10, pour pas faire de vague hein ! mais on sait toi et moi que tu vaux beaucoup plus… Et ça, c’est le principal Monique !

Vivement l’année prochaine que je me fasse encore évaluer !