Mauvaise foi…

17 mars, 2010

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L’ apnée est un sport qui  consiste à retenir son souffle pendant qu’on se met la tête sous l’eau. Les pratiquants de cette discipline vous diront que c’est très enrichissant mais très difficile  ! Qu’il est préférable d’être bien encadré et dans un établissement “aquatique” adéquat.

Et bien que nenni (j’ai enfin réussi à placer “que nenni”) ! L’apnée, nous autres les bibliothécaires, nous en faisons tous les jours et même pas dans l’eau d’abord !

Par exemple, hier au prêt, j’ai moi-même expérimenté cette pratique à l’arrivée de Mme Puduque. Mme Puduque aime l’ail, l’oignon, le vin en cubi, la bière. Elle a aussi beaucoup de chats qui n’ont pas toujours accès à une litière et elle a aussi souvent des problèmes avec ses WC chez elle. Bien sûr, Mme Puduque ne m’a jamais parlé de ces choses-là… Je les ai devinées toute seule, si vous voyez ce que je veux dire.

Donc je vous retrace notre échange qui fut assez bref :

Mme Puduque : - Bonjour !!! Je vous ramène mes livres !

Moi : – Vi ! (comme je ne respire pas, vous imaginez bien que je ne peux pas parler beaucoup !)

Mme Puduque : – J’ai tout chaud moi ! Pfff, pfff, pfff, suis toute essouflée moi, pfff, pfff, pfff ! faut dire que j’ai bien couru !

Moi : - Mmmh mmhhh.

Mme Puduque : - Oh pis regardez un peu comment je sue ! Ah c’est bon pour la santé, ça veut dire que j’expulse mes toxines, hi hi hi ! et puis ça fait du bien à mes croutes.

Moi : – Arghhh…

Mme Puduque : - Vous êtes toute bleue ! faut faire attention, hein ? Vous voulez boire dans ma bouteille ? Oh la la ! Vous êtes toute tombée par terre là !

Bon alors effectivement, je n’ai pas encore la maîtrise de l’apnée mais je sais que je peux le faire ! Il en va de ma survie !

Triste époque…

14 octobre, 2009

Parfois, en tant que simple agent, vous avez droit d’entendre les grands de notre collectivité (maire, président, DG, directeur affaires culturels, chefs de service, etc., etc.) disserter sur LA BIBLIOTHEQUE :

un grand :

- La bibliothèque est le coeur de notre cité ! que dis-je l’âme de notre cité !!!

un autre grand :

- Mais bien sûr ! C’est pour cela qu’elle fait l’objet de toute notre attention, de notre travail et j’oserai dire de notre affection…

un grand qui aime lire la Gazette des Communes quand il va au petit coin :

- Moi je pense qu’il faut valoriser, communiquer et impliquer davantage notre bibliothèque au sein du territoire. L’accessibilité, mes amis l’A-CCES-SI-BI-LI-TE  ! voici notre devise !!!

tous les grands :

- Oh oui magnifique, c’est tellement bien dit ! et en même temps, cela va tellement de soit !!!

les bibliothécaires :

- Très bien ! Est-ce que nous pourrons avoir une augmentation du budget achat de nos livres ? de nos animations ? l’embauche de personnel ?

le grand le plus fort :

- ah mais bien sûr que non ! D’ailleurs nous devons diminuer de 70% votre budget d’acquisition, annuler le budget animation et une partie du personnel sera affectée au musée et à l’école de dessin… bien sûr nous ne remplaçons pas le personnel partant à la retraite !

Aaahhh les temps sont si durs, vous comprenez ? Mais sinon, c’est vraiment un merveilleux travail que vous faites, c’est tellement important pour la communauté, vous êtes le coeur, que dis-je l’âme de cette cité…

La chaleur est écrasante. Des gouttes de sueur dégoulinent sur le front de la bibliothécaire. Sa peau colle sur son siège en plastique imitation… imitation d’une matière dont nul ne connaît le nom… Ses paupières sont lourdes, enfin plus lourdes que d’habitude. Ses gestes sont lents, sa voix presque éteinte et pourtant elle s’accroche la bibliothécaire. Elle s’accroche à l’idée que bientôt, c’est Monique qui va venir la remplacer et qu’elle pourra enfin quitter l’accueil et retrouver la moiteur de son bureau, cataloguer ses bouquins à moitié nue (mais oui, tout à fait, TOUS les bibliothécaires sont NUS quand ils sont dans leur bureau !!!).

Quand tout à coup (j’aime bien dire “quand tout à coup” mais c’est vrai qu’on a pas tous les jours l’occasion de le placer… C’est dommage je trouve)… Donc quand tout à coup, un lecteur arrive. La bibliothécaire sent qu’il veut emprunter des documents. C’est son expérience, que dis-je, son sens inné de l’humain qui le lui dit. ça et le fait que le lecteur porte péniblement 10 bouquins avec sa carte d’abonné entre les dents.

Dans un fracas assourdissant, le lecteur laisse tomber ses livres sur la banque de prêt. Il souffle, il gémit… C’est sûr, il regrette d’avoir pris ces bouquins d’art de 1500 pages chacun mais il ne peut pas perdre la face.

Le problème, c’est que le lecteur, pauvre inconscient qu’il est, a laissé choir (“choir” non plus, je ne l’utilise pas souvent… Mais comme j’ai un cheveu sur la langue, ceci explique peut-être cela !) ses documents du côté “retour” du bureau. Alors là pour les pauvres néophytes, je m’explicite un peu. Souvent dans les bibliothèques, la fonction “prêt” (là où on emprunte des livres avec sa petite carte) et la fonction “retour” sont clairement indiquées et séparées.

Mais notre bibliothécaire n’a pas de chance, dans sa structure, les deux fonctions sont rassemblées sur un même et seul bureau et séparées seulement par une ligne imaginaire symbolisée par deux minables pancartes. La bibliothécaire le sait. Donc d’habitude, elle est gentille avec les lecteurs qui ne poseraient pas leurs livres au bon endroit. D’habitude, elle lèverait son postérieur de sa chaise, elle se déplacerait latéralement de 80 cm, elle prendrait l’offrande, la soulèverait et courageusement, prendrait le chemin inverse pour enregistrer les livres et tout cela avec un sourire qui cache son désarroi à savoir “ils sont cons ces lecteurs, peuvent pas lire une pancarte !”.

ça pourrait se passer comme ça mais aujourd’hui, la bibliothécaire a chaud, la bibliothécaire en a marre, la bibliothécaire rentre en résistance.

Tout d’abord, elle reste les yeux rivés sur son ordinateur (elle regarde les derniers dessins de Gally). Malheureusement le lecteur tousse. C’est le signal, alors elle relève la tête, sourit et dit “bonjour”. Rien de plus…

La lutte est engagée : le lecteur pousse du doigt ses livres, la bibliothécaire s’enfonce un peu plus sur sa chaise. le lecteur pose sa carte sur le tas de livres et tapote avec ses doigts nerveusement sur la banque de prêt. Le bruit résonne dans la tête de la bibliothécaire. Le lecteur racle maintenant sa gorge. Il n’en peut plus. La rage le guette !

” – Oui c’est pourquoi ?demande la bibliothécaire.

- C’est pour emprunter (sur le ton “ça se voit pas connasse !”)

- c’est bien ICI…”

Le lecteur comprend la provocation. Un duel s’engage ! La bibliothécaire fait ses yeux de poissons morts (oui j’aime cette attaque). Le lecteur prend l’air hautain de Docteur D’Enfer (cf Austin Power).

Pauvre inconscient qu’il est… Il a oublié quelque chose : la bibliothécaire a tout son temps ! Du moins jusqu’à la relève de Monique. Au bout de trois longues, très longues minutes, le lecteur craque pousse ses lourds livres vers l’ordinateur de notre bibliothécaire. Celle-ci sourit, forte de cette grandiose victoire qui illumine sa journée.

Aahhhh quel beau métier tout de même !

Quoi de plus emmerdant ennuyeux me direz-vous que de s’inscrire dans une bibliothèque ? Euh à part assister à une réunion de 3 heures, pas grand chose. Et pourtant, c’est un mal nécessaire si vous voulez pouvoir emprunter tous les merveilleux documents, que dis-je, les trésors dont débordent cette institution sacrée.

Donc dans mon institution sacrée (je parle de ma bibliothèque, hein, n’allez pas chercher une connotation tendancieuse…), on demande aimablement à nos gentils lecteurs de nous présenter un justificatif de domicile de moins de trois mois, une pièce d’identité, un justificatif de situation pour les étudiants et pour les demandeurs d’emploi et une gentille petite cotisation… Un vrai bonheur qui saoule autant les lecteurs que les bibliothécaires.

Bref, un soir, cinq minutes avant la fermeture, un bon monsieur se pointe à ma banque de prêt et me demande d’emprunter trois bouquins. Je lui demande sa carte, il l’a pas. Je lui demande son nom, il est inconnu dans mon fichier. Il faut donc lui faire une carte. Pas méchante la fille, je lui dis OK, on peut la faire rapidement mais comme c’est une première inscription, j’ai besoin d’un justificatif de domicile de moins de trois mois. Oui mais voilà, le bon monsieur il en a pas. Le bon monsieur, il a juste de très belles cartes de visite spécifiant qu’il est professeur dans un lycée “prestigieux” du coin. C’est bien joli mais ça ne m’avance à rien.

Donc le bon monsieur, il commence à s’énerver. Il veut savoir pourquoi je veux avoir son relevé EDF si ce n’est pour savoir combien il gagne (je ne vois pas le rapport !), pour pouvoir le fliquer (oui je rêve toutes les nuits de savoir ce que font mes lecteurs grâce aux mystérieux renseignements que j’aurai récoltés dans leurs factures France Télécom) et pour pouvoir le faire chier, lui, le bon monsieur qui n’est pas n’importe qui puisqu’il est professeur dans un “prestigieux” lycée de la ville.

Alors petit conseil complètement débile pour tous les usagers des services publics : plus vous agressez le fonctionnaire c’est-à-dire l’être humain qui est en face de vous, moins il a de chances d’être conciliant. Car franchement, le bon monsieur m’aurait demandé aimablement s’il pouvait prendre les livres en échange d’une pièce d’identité et me les ramener le lendemain matin, je les lui aurai même mis dans un joli sac avec un beau sourire. Mais là… comment vous dire… euh… NON !

Et bien vous savez ce qu’il a fait le bon monsieur ? Il a commencé à me lancer à la figure ses belles cartes de visite, une par une. Des cartes qui précisaient bien sûr son statut social. A croire qu’il se prenait pour Gambit (cf les Xmen) sauf qu’il n’avait ni les beaux yeux rouges, ni le charme !

Gambit à la bibliothèque

Alors bien sûr, une seule réaction possible face à cette attitude (hormis celle qui consiste à enfoncer mes doigts dans les narines du monsieur, de tirer sa tête sur la banque de prêt et de lui défoncer le crâne à coup de démagnétiseur) : partir éteindre les lumières en le laissant seul avec sa colère… Petit plaisir tout de même, voir ce bon monsieur très distingué se pencher avec beaucoup de peine au dessus de la banque de prêt en tentant désespérément de rattraper ces belles cartes de visite !

Comme la plupart des bibliothèques, la mienne accueille chaque année son lot de stagiaires.

Alors je vais éviter de parler de ces petits êtres étranges que l’on appelle les élèves de 3ème. Souvent, la communication avec eux est pour ma part assez limitée. Déjà, je ne comprends pas forcément quand ils me parlent. Je pense qu’à cet âge, on doit souffrir d’une déformation faciale passagère qui influe sur notre façon d’articuler. Et puis, comme mon seul point commun avec eux est une consommation excessive de café et de cigarettes, je passe.

Ici je voudrai plutôt parler des stagiaires qui débarquent des DUT Métiers du livre, ceux qui sont en reconversion professionnelle ou encore ceux dont la tata a talqué les fesses d’un élu la semaine dernière quand il était petit… Alors si la plupart d’entre eux savent se comporter normalement, je voudrai quand même donner quelques petits conseils à tous les autres.

1/ éviter de parler de sujets sérieux le matin avant que les “collègues” aient bu leur café… Et pendant qu’on y est, éviter de me parler tout court le matin !

2/ éviter de rechigner à faire des tâches simples comme couvrir des livres, assurer des heures de prêt sous prétexte qu’on a autre chose à faire. Car attention je vais fournir un scoop énorme : faire du prêt et de l’équipement fait parti du travail dans une bib !!!!!!! Ah ouais je sais, c’est complètement dingue !

3/ éviter de demander plusieurs fois par jour aux bibliothécaires quinquas quand est-ce qu’ils vont se décider à partir à la retraite ! Non seulement c’est lourd et impoli mais en plus… c’est lourd et impoli !

4/ éviter de faire des remarques sur la façon de faire le travail. Certes il faut avoir un esprit critique et éveillé mais les petits commentaires soulignant les soi-disant faiblesses de l’équipe sont assez peu recommandées, surtout quand à plus de trente ans, ON NE S’EST JAMAIS SORTI LES DOIGTS DU CUL !!!

5/ penser à faire le café à toute l’équipe, se montrer obséquieux, rire à mes blagues et ne pas en faire, ramener des petits gâteaux de temps en temps et ne jamais, jamais, jamais me casser les couilles… Même si je n’en ai pas !

Bon alors évidemment, il n’aura échappé à personne que je me permets de légèrement me défouler dans ce billet et que bien sûr, toute ressemblance avec une personne existante n’est pas fortuite.

A part ça, stagiaires, je vous aime, surtout quand vous pensez à me donner une boîte de chocolat à la fin de votre stage… Parce que moi, on m’achète facilement !

BG is back

4 mai, 2009

Les issues sont limitées mais elles existent. Armée de mon seul courage, je rampe sur le sol tel un petit lézard agile et gracieux. Plus que 200 mètres et je serai à l’abri. Rien n’est perdu, il faut garder la foi, la foi en ma survie dans ce monde ô combien cruel…

Le plus dur est de rester invisible. J’essaye de me fondre dans le décor. Certes le lino bleu et les murs orange de la bibliothèque n’aident pas à me fondre dans le paysage.

Si près du but, je ne peux me permettre d’échouer. J’ai déjà tant donné. Combien de chewing-gums collés à mon joli pantalon imitation soie ? Combien de moutons accrochés à mon chemisier jadis d’un blanc immaculé ? et  cette substance jaunâtre non identifiée et pourtant si odorante qui semble attaquer la surface de ma peau ??? Non je n’accepte pas tous ces sacrifices pour rien. Ils n’auront pas ma peau !

Ils ont déjà pris Sophie, ça devrait leur suffire ! Mais ces êtres sont assoiffés de sang, ils ne me lâcheront pas comme ça. J’entends leurs pas derrière moi. Heureusement, le bibliothécaire porte souvent des chaussures bon marché qui couinent sur le lino. Je peux donc parfaitement les localiser. Toujours ventre à terre, je me dirige avec la souplesse d’un mignon petit bébé guépard vers les étagères des 700.

Malencontreusement, mon épaule, déjà fragilisée par une terrible bagarre déclenchée lors d’une obscure formation au CNFPT “savoir gérer son stress dans son travail”, vient à heurter violemment un mur porteur. Celui-ci vibre légèrement mais mon épaule est déboîtée. Trouvant en moi la force d’un Mel Gibson des années 80, je prends le dernier Gavalda et le lâche plusieurs fois sur mon ossature. En serrant les dents, je continue mon périple.

Enfin je vois la lumière salvatrice ! Plus que 5 mètres et je pourrai me réfugier dans les toilettes publiques. J’y suis presque… Je peux tendre la main pour caresser la tuyauterie et commencer à rêver la tête posée sur la cuvette à …

- ça y est !!! j’ai trouvé BG ! Elle essayait de se planquer dans les chiottes…

- Putain tu fais chier BG, ça fait 20 minutes qu’on te cherche pour commencer la réunion ! Bouge ton corps et rapplique, tu vas pas y échapper !!!

Fais chier !!! Je me suis encore fait piéger. M’en fous, la prochaine fois je me fabrique une tenue de camouflage avec des plumes d’autruches…

Hier après-midi, le comble de l’horreur m’est tombé dessus : je me suis fait renifler par un vieux !!! Oui renifler par un vieux !!!

J’étais tranquillement en train de ranger des albums animés sur une étagère et là, un vieux s’approche, me dit que je suis plus belle que Martine Aubry et Ségolène Royal (bah merci mais en même temps, y a pas de mal) et là, il rapproche sa tête de mes cheveux…

Au début je crois qu’il est en train de me faire un malaise et que comme c’est un nain, enfin moins d’1m65 (héhé), sa tête me tombe naturellement sur l’épaule… Mais non, il respire toujours le vieux… Je dirai même plus, il me respire ! Il me renifle les cheveux comme un tamanoir doit aspirer ses fourmis ! Je me recule d’un bond, les yeux bien ronds, et je vois le bonhomme partir avec un grand sourire…

Et moi je reste là comme une c…, un album dans la main.

Erf, je suis dégoûtée ! C’est décidé, je n’irai plus jamais en section jeunesse… Merde, c’est là que je bosse ! Ou alors, je vais me balader dans ma bibliothèque avec un poivrier dans la poche. Si vous êtes concerné par ce problème de nez mal placés, n’hésitez pas à me contacter, nous monterons une association : “Sus aux pervers renifleurs des bibliothèques”.

Je fais partie des bibliothécaires qui pensent qu’une bibliothèque sans animation est à comparer à un paquet de chips allégées ou à un Fast & Furious sans Vin Diesel. Autrement dit, cela n’a pas beaucoup d’intérêt : si on mange des chips, autant qu’elles soient les plus salées et les plus grasses possibles et si on regarde un Fast & Furious… mais pourquoi regarderait-on un Fast and Furious sans Vin Diesel ? ça n’a pas de sens !!! Voilà ! pour MOI, une bibliothèque sans animation, ça n’a pas de sens.

Ceci étant dit, quand votre budget animation est à peu près égale au budget que George Bush consacre à l’achat de livres (oh elle est facile celle-là), c’est-à-dire proche du zéro euro, vous devez faire preuve de beaucoup d’imagination pour oublier ce luxe si agréable d’avoir de vraies et belles expositions, de recevoir un conteur professionnel qui arrive à capter l’attention de nos chères têtes blondes plus de 10 minutes d’affilée ou même d’inviter un conférencier sympathique qui demande simplement d’être indemnisé pour ses 500 km et son repas au Buffalo Grill. Bon, oublie tout cela BG, la culture coûte chère et elle n’est pas rentable… Va falloir t’y faire un de ces jours !

Mais parfois, j’ai des collègues qui ne se laissent pas démonter et qui proposent des projets qui tiennent la route. Par exemple, il n’y a pas longtemps, une collègue a eu une superbe idée : inviter les personnes âgées de l’association dont elle s’occupe (un truc de vieux qui lisent… ne m’en demandez pas plus) pour qu’ils racontent au moment de Noël de belles histoires à tous nos petits diables en culotte courte.

Oui c’est une bonne idée ! Vraiment… on devra juste payer un petit goûter à faire dans la section jeunesse… Bon OK, là je vous entends déjà :

 BG, tu te rends pas compte ! Déjà tu te plains quand tu reçois des classes que certains mioches vomissent dans les bacs à albums ou te toussent dans la figure leurs germes et autres maladies mortelles… mais alors là… Ils vont vomir le jus d’orange Leader Price, ils vont faire sur eux parce qu’ils n’auront pas eu le temps de se rendre aux toilettes occupés qu’ils seront avec les histoires… Et encore, si ça se trouve, ils crieront, ils se chahuteront, ils te parleront mal, ils cracheront par terre… Pauv’ inconsciente, va…

Oh hé, arrêtez les gars ! Les vieux d’aujourd’hui, ils savent se tenir, ils sont propres sur eux et ils tiennent des propos… compréhensibles, hein…

Hein ? Non ??? Ah c’est malin, maintenant j’ai peur !!!