Bip Bip Bip

10 juin, 2011

De là à dire que le plus gros problème en informatique se situe entre la chaise et le clavier, il y a un pas que je ne… Euh… Ben si quand même un peu…

Merci en tout cas à FM pour cette jolie anecdote sachant que la scène s’est passée devant plusieurs lecteurs !

J’ai si honte…

14 mars, 2011


PS : cliquez sur les dessins pour les voir en plus gros ;)

 

emma3

emma4

Quelques heures plus tard, au prêt…

emma5bisemma5

emma6

 

à suivre…

Jamais contente…

9 novembre, 2009

BG1

bg2

Vous me reconnaissez ?

5 novembre, 2009

“- Bonjour, me revoilà !

- Euh oui, bonjour… Hum, que puis-je pour vous ?

- Et bien je suis de retour, c’est vrai que ça fait longtemps maintenant… Bon j’ai eu des petits soucis de santé, j’ai un peu été débordée… Vous savez ce que c’est : le boulot, les enfants… la vie quoi !

- Euh oui… Sûrement… Mais vous voulez ???

- Et bien je viens me réabonner ! Vous vous rappelez la dernière fois vous m’aviez parler d’un super livre ! Je voudrai bien que vous me redonniez le titre !!!

- Euh je suis désolée mais je ne m’en souviens pas…

- Mais enfin, vous me reconnaissez quand même ?

- Euh… c’est-à-dire que… non.

- Quand même,  je venais une fois par mois avec ma fille ! Tenez, voici ma carte de lecteur !

- Mais madame, votre carte est périmée depuis juin 2007 !

- Oui et alors ? je ne vois pas le rapport !”

Bizarre comme certains lecteurs sont absolument convaincus qu’on ne se souvient de leurs visites comme des moments uniques… Je suis peut-être un monstre mais sauf exception,  j’oublie assez rapidement mes usagers…

Mea culpa !

Bla bla bla

20 juin, 2009

- Non mais vous vous rendez compte !!! ma propre soeur ! avec mon mari ! Ah non mais là j’en reprends pour 10 ans de séances chez mon psy, hein !

- Ah si vous saviez comme elle a souffert Madame… Ma mère ne méritait pas ça… Mourir comme ça, à 97 ans… Il n’y a plus de justice, il n’y a plus de médecine… Ah elle va mal la France !

- En fait, je pense que c’est la conjoncture actuelle qui ne m’aide pas… Je veux dire, toute cette crise économique, ces guerres, ces crimes… Non vraiment je suis bouleversé en ce moment et je crois que du coup, ben j’assume plus ma vie !

- Vous savez, ce n’est pas moi, c’est Robert. Robert c’est mon mec qui en fait n’est plus vraiment mon mec puisque j’ai appris qu’il couchait avec Marco, mon meilleur copain. Je lui ai dit “Robert, tu as dépassé les limites Robert !”. Le problème c’est qu’il dit que c’est la faute de Marco qui lui pense que c’est Cindy parce qu’elle aussi elle a couché avec Robert quand Marco est venu me dire pour lui et mon mec…

- Non mais c’est incroyable !!! Non mais pour qui vous vous prenez !!! On est dans une dictature c’est ça ? vous êtes le KGB ? Et bien non Madame, je ne céderai pas à votre odieux chantage, je m’en souviendrai Madame, je m’en souviendrai !!!

- Oh je vous en prie, ne le dites à mes parents ! Déjà que j’ai bousillé l’ordi de mon père en voulant faire une expérience avec le fer à friser de ma mère et le canard vibrant de ma frangine…

C’est incroyable ce que les lecteurs peuvent nous raconter pour justifier le retard de leurs documents… Même au bout de 5 ans, je suis toujours autant bluffée…

La chaleur est écrasante. Des gouttes de sueur dégoulinent sur le front de la bibliothécaire. Sa peau colle sur son siège en plastique imitation… imitation d’une matière dont nul ne connaît le nom… Ses paupières sont lourdes, enfin plus lourdes que d’habitude. Ses gestes sont lents, sa voix presque éteinte et pourtant elle s’accroche la bibliothécaire. Elle s’accroche à l’idée que bientôt, c’est Monique qui va venir la remplacer et qu’elle pourra enfin quitter l’accueil et retrouver la moiteur de son bureau, cataloguer ses bouquins à moitié nue (mais oui, tout à fait, TOUS les bibliothécaires sont NUS quand ils sont dans leur bureau !!!).

Quand tout à coup (j’aime bien dire “quand tout à coup” mais c’est vrai qu’on a pas tous les jours l’occasion de le placer… C’est dommage je trouve)… Donc quand tout à coup, un lecteur arrive. La bibliothécaire sent qu’il veut emprunter des documents. C’est son expérience, que dis-je, son sens inné de l’humain qui le lui dit. ça et le fait que le lecteur porte péniblement 10 bouquins avec sa carte d’abonné entre les dents.

Dans un fracas assourdissant, le lecteur laisse tomber ses livres sur la banque de prêt. Il souffle, il gémit… C’est sûr, il regrette d’avoir pris ces bouquins d’art de 1500 pages chacun mais il ne peut pas perdre la face.

Le problème, c’est que le lecteur, pauvre inconscient qu’il est, a laissé choir (“choir” non plus, je ne l’utilise pas souvent… Mais comme j’ai un cheveu sur la langue, ceci explique peut-être cela !) ses documents du côté “retour” du bureau. Alors là pour les pauvres néophytes, je m’explicite un peu. Souvent dans les bibliothèques, la fonction “prêt” (là où on emprunte des livres avec sa petite carte) et la fonction “retour” sont clairement indiquées et séparées.

Mais notre bibliothécaire n’a pas de chance, dans sa structure, les deux fonctions sont rassemblées sur un même et seul bureau et séparées seulement par une ligne imaginaire symbolisée par deux minables pancartes. La bibliothécaire le sait. Donc d’habitude, elle est gentille avec les lecteurs qui ne poseraient pas leurs livres au bon endroit. D’habitude, elle lèverait son postérieur de sa chaise, elle se déplacerait latéralement de 80 cm, elle prendrait l’offrande, la soulèverait et courageusement, prendrait le chemin inverse pour enregistrer les livres et tout cela avec un sourire qui cache son désarroi à savoir “ils sont cons ces lecteurs, peuvent pas lire une pancarte !”.

ça pourrait se passer comme ça mais aujourd’hui, la bibliothécaire a chaud, la bibliothécaire en a marre, la bibliothécaire rentre en résistance.

Tout d’abord, elle reste les yeux rivés sur son ordinateur (elle regarde les derniers dessins de Gally). Malheureusement le lecteur tousse. C’est le signal, alors elle relève la tête, sourit et dit “bonjour”. Rien de plus…

La lutte est engagée : le lecteur pousse du doigt ses livres, la bibliothécaire s’enfonce un peu plus sur sa chaise. le lecteur pose sa carte sur le tas de livres et tapote avec ses doigts nerveusement sur la banque de prêt. Le bruit résonne dans la tête de la bibliothécaire. Le lecteur racle maintenant sa gorge. Il n’en peut plus. La rage le guette !

” – Oui c’est pourquoi ?demande la bibliothécaire.

- C’est pour emprunter (sur le ton “ça se voit pas connasse !”)

- c’est bien ICI…”

Le lecteur comprend la provocation. Un duel s’engage ! La bibliothécaire fait ses yeux de poissons morts (oui j’aime cette attaque). Le lecteur prend l’air hautain de Docteur D’Enfer (cf Austin Power).

Pauvre inconscient qu’il est… Il a oublié quelque chose : la bibliothécaire a tout son temps ! Du moins jusqu’à la relève de Monique. Au bout de trois longues, très longues minutes, le lecteur craque pousse ses lourds livres vers l’ordinateur de notre bibliothécaire. Celle-ci sourit, forte de cette grandiose victoire qui illumine sa journée.

Aahhhh quel beau métier tout de même !