Comment être un bon stagiaire…
6 mai, 2009
Comme la plupart des bibliothèques, la mienne accueille chaque année son lot de stagiaires.
Alors je vais éviter de parler de ces petits êtres étranges que l’on appelle les élèves de 3ème. Souvent, la communication avec eux est pour ma part assez limitée. Déjà, je ne comprends pas forcément quand ils me parlent. Je pense qu’à cet âge, on doit souffrir d’une déformation faciale passagère qui influe sur notre façon d’articuler. Et puis, comme mon seul point commun avec eux est une consommation excessive de café et de cigarettes, je passe.
Ici je voudrai plutôt parler des stagiaires qui débarquent des DUT Métiers du livre, ceux qui sont en reconversion professionnelle ou encore ceux dont la tata a talqué les fesses d’un élu la semaine dernière quand il était petit… Alors si la plupart d’entre eux savent se comporter normalement, je voudrai quand même donner quelques petits conseils à tous les autres.
1/ éviter de parler de sujets sérieux le matin avant que les “collègues” aient bu leur café… Et pendant qu’on y est, éviter de me parler tout court le matin !
2/ éviter de rechigner à faire des tâches simples comme couvrir des livres, assurer des heures de prêt sous prétexte qu’on a autre chose à faire. Car attention je vais fournir un scoop énorme : faire du prêt et de l’équipement fait parti du travail dans une bib !!!!!!! Ah ouais je sais, c’est complètement dingue !
3/ éviter de demander plusieurs fois par jour aux bibliothécaires quinquas quand est-ce qu’ils vont se décider à partir à la retraite ! Non seulement c’est lourd et impoli mais en plus… c’est lourd et impoli !
4/ éviter de faire des remarques sur la façon de faire le travail. Certes il faut avoir un esprit critique et éveillé mais les petits commentaires soulignant les soi-disant faiblesses de l’équipe sont assez peu recommandées, surtout quand à plus de trente ans, ON NE S’EST JAMAIS SORTI LES DOIGTS DU CUL !!!
5/ penser à faire le café à toute l’équipe, se montrer obséquieux, rire à mes blagues et ne pas en faire, ramener des petits gâteaux de temps en temps et ne jamais, jamais, jamais me casser les couilles… Même si je n’en ai pas !
Bon alors évidemment, il n’aura échappé à personne que je me permets de légèrement me défouler dans ce billet et que bien sûr, toute ressemblance avec une personne existante n’est pas fortuite.
A part ça, stagiaires, je vous aime, surtout quand vous pensez à me donner une boîte de chocolat à la fin de votre stage… Parce que moi, on m’achète facilement !
J’aime les stages et ils me le rendent si mal…
19 novembre, 2008
Alors un truc que j’adore dans les stages, c’est le fameux brainstorming ! Kékéssé un bréneustaurmingue ? Et bien un brainstorming, c’est une réunion où un chef-formateur-personne sachant écrire avec un gros feutre demande à son équipe-stagiaires-personnes ne sachant pas écrire avec un gros feutre de dire très vite des mots qui leur viennent à l’esprit à l’évocation d’un autre mot. Et ceci dans le but de découvrir tout plein d’idées formidables sur un problème que jamais on aurait pu résoudre si on avait été tout seul, face au tableau, avec un gros feutre dans la main.
C’est une sorte de communion de l’esprit où on se rend compte qu’en fait, on sait plus de choses qu’on ne le pensait, qu’on est plus intelligent qu’on ne le pensait, que franchement le collègue d’à côté de vous, il dit des trucs vachement cons et qu’il ferait mieux de se taire parce qu’à force, il va vraiment énerver tout le monde !
Le brainstorming est un exercice sérieux et je l’ai appris aujourd’hui à mes dépens…
“- Alors aujourd’hui, nous allons nous interroger sur la valeur intrinsèque et à travers les âges d’un concept souvent dénoncé et pourtant au combien précieux et fragile… Oui aujourd’hui, nous nous lançons dans une grande aventure, nous explorons les subtilités les plus profondes, nous nous interrogeons sur le sens vrai du caché… Alors très vite, sans réfléchir dites-moi les mots qui vous viennent à l’esprit quand je dis… attention, je vais le dire, n’hésitez pas à parler, j’ai un gros feutre dans la main mais je sais m’en servir… attention, je dis le mot… je dis le mot… le mot “MEDIATION” !!!!
- …
- Allez-y, n’ayez pas peur des mots, nous ne sommes pas là pour nous juger, nous ne jugeons personne, nous respectons tout le monde… Allez-y sinon pas de pause café à 15h.
- Euh, “partager” !
- Très bien Alice !
- Communiquer !!!
- Echanger !!!
- Média ! et puis aussi… aller vers l’autre !!!
- Oui c’est une phrase Monique, mais c’est bien, on s’approche !
- Autres !
- Amour !
- Respect !
- Prout et reProut
- Très bien pour tout le monde… Sauf BG, bien sûr. Ton mauvais esprit casse le groupe, BG, tu prends tes affaires et tu sors BG. Réfléchis à ton attitude négative et ses conséquences…
M’enfin ! J’ai pourtant dit ce que j’avais dans la tête !!!
D’où l’intérêt des stages
17 novembre, 2008
Ce qui est chouette dans la vie professionnelle (notamment dans celle d’un fonctionnaire), c’est le principe de la formation continue ! Car pour rester des personnes compétentes, réactives, opérationnelles, ouvertes, nous devons nous former tout au long de notre carrière : la survie de notre métier en dépend !!!
Plus sérieusement, ces petits stages tout au long de l’année sont des petits moments de pur plaisir… Enfin pour moi, hein. Attention, il faut quand même prendre les choses au sérieux. Déjà au moment de l’inscription, on réfléchit sérieusement sur l’intitulé, la valeur, l’intérêt pour notre carrière du stage proposé…
” – Elle a pris quoi en décembre Brigitte ?
- Euh… un truc sur les budgets, je crois.
- Oh non !!! j’ai pas envie de le faire avec elle… Oh tiens, y a un truc sur les “doudous en tant qu’objet transitionnel dans la littérature jeunesse du début du 20 ème siècle”… Ils proposent un petit déjeuner d’accueil !
- Non, laisse tomber, y a pas de restos sympas pour le midi. T’as qu’à venir au stage “mes élus ne me comprennent pas, je ne comprends pas mes élus, est-ce une fatalité ? Oui. Alors comment faire avec…”. Les fenêtres donnent sur la caserne des pompiers ! C’est hyper intéressant…”
Donc une fois que vous avez choisi votre stage et que votre collectivité vous a donné le feu vert, vous partez toute guillerette pour votre formation. Bien sûr, c’est l’occasion de découvrir de nouveaux paysages, de nouvelles structures, d’échanger des informations pertinentes avec les collègues…
“- Putain t’as vu comment elle a grossi Nadine !
- Arrête, pour un peu je ne l’aurai pas reconnu ! On dirait Roseanne qui essaierait de ressembler à Gabrielle Sulis… C’est pathétique. Mais dis donc, elle t’a dit Roselyne pour le recrutement dans sa bibliothèque ?
- Ouais, il paraît qu’ils ont embauché une fille qui, quand elle était bébé, était gardée par la tante éloignée de l’ancien Directeur Général ! Non mais c’est pas dégueulasse un piston pareil !
- Arrête, ça me retourne… Et elle t’a parlé de la nouvelle politique d’acquisition qu’elle veut mettre en place cette garce ?
- Non mais ça, on s’en fout, hein !
- Ouais grave…”
Oui, les stages sont formateurs. Ils nous permettent de comprendre que nous appartenons un corps de métier uni et soudé… (soupir d’autosatisfaction)

